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La Bolduc vue par Debbie Lynch-White : faut pas s’décourager, l’hommage est réussi!

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Par
Nathan LeLièvre

En l'honneur de l'arrivée en salle du film La Bolduc, ICI Musique vous met l'eau à la bouche et vous offre d'écouter gratuitement l'album où l'on peut entendre la comédienne Debbie Lynch-White réussir un véritable tour de force. Si son jeu contient autant de subtilités que son chant, le film s'annonce franchement réussi.

La Bolduc, c'était le vent de fraîcheur dans le marasme. Mary Travers abordait avec légèreté et désinvolture le quotidien d'un Québec secoué par la crise économique des années 1920-30. C'est précisément ce qu'incarne Debbie Lynch-White, sans tomber dans l'imitation, encore moins dans le pastiche. On sent tout le respect de l'interprète, dans les « r » qui roulent allègrement, dans les petits « h » qui se glissent devant certains mots (« pis j'en ai h'ein su' l'bout d'la langue »), dans les voyelles déformées (« deucourageons-nous pas », « teurleutter  ») et dans la turlutte qui n'a rien à envier à La Bolduc. Debbie Lynch-White rend d'ailleurs chacune des turluttes avec dextérité : elle reproduit certaines subtilités de l'originale, tout en y ajoutant un peu du sien. Nous lui levons notre chapeau devant ce défi relevé, parce que force est d'avouer que d'une chanson à l'autre, les petites ritournelles de turlutte peuvent se ressembler.

Debbie Lynch-White fait aussi preuve d'une judicieuse simplicité vocale. Le chant de la Bolduc ne donnait pas dans les grandes nuances, ni dans les envolées lyriques. C'était un chant modeste, simple, sous-tendu par le sourire, et c'est exactement ce qu'on retrouve : l'honnêteté sans fioritures, la bonne humeur à l'état brut.

Quant aux arrangements musicaux de Marc Beaulieu, ils sont inspirés des originaux, sans en être une copie conforme. Le piano, la guitare, l'accordéon et l'harmonica sont de la partie. Le sifflement est encore présent dans La grocerie du coin. Les accords restent simples (il y en a deux ou trois tout au plus dans la majorité des chansons), mais on a choisi de bonifier avec un peu de podorythmie, du violon, et même un peu de pipeau et de bodhràn, par exemple dans La cuisinière. À quelques exceptions près (on retrouve une batterie moderne dans Sans travail qui lui confère des allures de two-step cajun), ce sont des ajouts qui, sans être incontournables, sont les bienvenus. Cela dit, on regrette presque un peu que les instruments – particulièrement le piano – soient si bien accordés!Bref, impossible d'écouter La Bolduc de Debbie Lynch-White sans taper du pied ou se dandiner ne serait-ce qu'un peu!

Histoire de vous convaincre davantage, voici la bande-annonce du film :