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Subduction de Julie Thériault : une invitation à la réflexion sur l’être humain

L'écoute est terminée

par Nathan LeLièvre

Pianiste, compositrice, arrangeuse, réalisatrice… et peintre! Rien n’est à l’épreuve de Julie Thériault, qui propose un premier opus solo, Subduction. Qu’est-ce que la subduction? C’est le choc – lent mais irréversible – entre deux plaques tectoniques qui force l’une d’entre elles à se glisser sous l’autre.

À travers cet album, Julie Thériault nous invite à l’introspection, à examiner tout ce qui s’entrechoque dans notre for intérieur. Elle détient une maîtrise en musique de film et ça se sent (on l'entend d’ailleurs jouer une partie de la trame sonore de The Lady in Number 6 : Music Saved My Life, primé aux Oscars en 2014). La pianiste et compositrice procède par minimalisme (comme dans sa peinture qui sert de couverture d’album), dans un contexte harmonique globalement dominé par des accords mineurs, et fait fréquemment appel à des boucles d’arpèges ou à des rythmes répétitifs, notamment dans Naïade, De Profundis ou Aura, qui ont pour effet d'hypnotiser l’auditeur, de l’inviter à plonger dans ses pensées.

Le piano tendre de Julie Thériault compte sur la complicité des cordes de l’Orchestre symphonique de Bratislava (particulièrement remarqué sur Pied de vent et Transmutation), de même que sur la participation de la violoniste arménienne Nuné Mélik, tantôt sombre et nuancée dans Etna, tantôt lumineuse et étonnante dans Lune. Etna évoque d’ailleurs nécessairement le mont sicilien, non pas de par le caractère menaçant du volcan, mais par son bouillonnement, plus tranquille et majestueux, tout en évitant de tomber dans le cliché. Un choeur de 20 hommes, quant à lui, vient hanter De Profundis, In Vitro et Vlast de sa présence si aérienne et fantomatique qu’on le croirait presque synthétique par moments.

Le tout se clôt sur l’angoissante Magma. Le piano de Thériault est absent; on n’y retrouve que des cordes, toutes de tensions remplies, qui nous laissent en suspens. Julie Thériault ne tient pas aux cadences conventionnelles. Est-ce nécessaire de tout résoudre? Une question de plus à ajouter à la réflexion à laquelle nous sommes invités.