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Les corps (et les envies) infinis de La Bronze

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Par
Ariane Cipriani

Après une année bien chargée à se faire connaître davantage ici et en Europe, la chanteuse et comédienne présente Les corps infinis, un disque électro-pop sensuel aux textes passionnés.

Il y a deux ans, La Bronze mettait sur le web une version en arabe de la chanson Formidable, de Stromae. L’idée était simple, la reprise, vachement réussie (plus de 2 300 000 vues sur YouTube), et voilà que l’Europe a voulu faire sa connaissance. La Bronze a chanté sa relecture jusqu’au Maroc, le pays de ses parents, qu’elle visite depuis l’enfance.

Un public très large a donc découvert cette Nadia Essadiqi énergique et un brin irrévérencieuse, avec un appétit presque féroce pour la vie. Il y a de la gourmandise chez cette femme affirmée qui mène un parcours de comédienne (Quart de vie) en tandem avec celui de chanteuse. Chacun nécessite l’implication du corps et des mots, deux éléments que La Bronze semble affectionner particulièrement.

Malgré son horaire chargé, elle a trouvé le temps de composer son deuxième disque. Si les sonorités synthétiques de l’électro-pop évoquent souvent la froideur, ce n’est pas le cas pour Les corps infinis. Il y a quelque chose de charnel aux 11 nouvelles chansons qui vient aussi du voile de sa voix un peu éraillée. La Bronze chante l’amour, le désir et ses abîmes en posant chaque syllabe. Elle enveloppe le tout d’une multitude de textures sonores pour un résultat très enivrant. La musicienne a composé tous les textes et presque toutes les musiques, en plus de se charger des percussions.

Ils sont nombreux à avoir participé à l’enregistrement du disque, à commencer par le réalisateur et multi-instrumentiste Clément Leduc et le talentueux Mathieu Pelgag (le frère de Klô), qui signe les arrangements des cors français sur Vertige, Promis juré et Walt Disney.

Dans ses textes, la chanteuse a un penchant pour le drame et les extrêmes. Elle choisit des mots simples et beaux, immodérés et parfois même extrêmes pour exprimer des dualités, des fatalités. Une façon de faire court et de susciter des images fortes.

On l’entend chanter en arabe à nouveau et avec plaisir, dans Khlakit Fkelbek (je suis née dans ton cœur). Les voix féminines impétueuses interprètent en introduction un chant de célébration qui contraste avec la tristesse de la ballade qui suit.

L’image fait grandement partie de la proposition de la chanteuse, qui a dévoilé il y a quelques semaines le vidéoclip d’On danse par en dedans, dans lequel elle se laisse aller à une chorégraphie de Dave St-Pierre au bord d’une haute falaise. Le lieu est vaste, avec l’eau calme devant et la terre aride derrière, à l’image de l’interprète : gracile et farouche à la fois. Gageons que La Bronze n’a pas fini de conquérir de nouveaux espaces.