Chargement en cours

avec   ·   par
avec   ·   par
En chargement...
Erreur de chargement.

Le Quatuor Ehnes raconte La jeune fille et la mort

L'écoute est terminée

Par
Frédéric Cardin

James Ehnes est l’un des grands violonistes canadiens toutes époques confondues. Il s’agit également d’un quatuor à cordes homonyme (fondé et dirigé par l’artiste manitobain) qui fait sa marque sur la scène musicale depuis 2010. Son album Schubert : String Quartet No. 14 « Death and the Maiden »; Sibelius : String Quartet Op. 56 « Intimate Voices » démontre pourquoi.

La jeune fille :

Va-t'en! Ah! va-t'en!

Disparais, odieux squelette!

Je suis encore jeune, va-t’en!

Et ne me touche pas.



La mort :

Donne-moi la main, douce et belle créature!

Je suis ton amie, tu n'as rien à craindre.

Laisse-toi faire! N'aie pas peur.

Viens doucement dormir dans mes bras!

Mathias Claudius

Ce texte inquiétant est extrait d’un poème de Matthias Claudius que Franz Schubert a mis en musique en 1817. En 1824, Schubert a repris sa mélodie pour en faire le point central de son Quatuor à cordes no 14, « La jeune fille et la mort », un chef-d’œuvre bouleversant qui s’écoute comme un drame fantastique duquel on ne peut plus se détourner.

Ce quatuor, du début à la toute fin, vous prend par les tripes et ne vous lâche plus jamais. Il y a peu de répit dans ce bijou : une énergie frénétique est presque constamment à l’œuvre, comme pour illustrer le jeu mortel qui se déroule entre les deux protagonistes, telle une danse macabre où la jeune fille, bravache, défie la mort de l’attraper. Qui l’emporte? La musique vous laisse libre d’imaginer votre propre finale. Entre temps, vous aurez été happé par cette histoire et ces mélodies, je vous le garantis!

Le Quatuor Voces intimae (voix intimes) de Sibelius est encore plus libre d’interprétation. Le compositeur y a-t-il couché des réflexions et des impressions personnelles? Illustre-t-il un combat intérieur fictif, ou réel? De nouveau, la beauté de la musique est telle qu’elle vous permet d’écrire votre propre scénario, et de le voir prendre vie dans votre esprit de manière remarquablement limpide, peu importe sa nature.

Le Quatuor Ehnes est très bon. Excellent, même. Il se fait animé et expressif comme s’il avait de l’ADN d’un grand conteur. Un Fred Pellerin en queue de pie, mettons.

Quatuor Ehnes :

James Ehnes, violon 1

Amy Schwartz Moretti, violon 2

Richard O’Neill, alto

Edward Arron, violoncelle

Vous aimerez également :

Vous souhaitez être informé de tout ce qui se passe d'important en musique classique?