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15e festival Chants de vielle : hommage à Jean-Claude Mirandette, des Charbonniers de l'enfer

Par
Nathan LeLièvre

En avril dernier, nous apprenions avec tristesse la mort de Jean-Claude Mirandette, un des Charbonniers de l'enfer, désormais au paradis. À l'occasion de l'hommage qui lui sera rendu au 15e festival Chants de vielle cet été, nous vous proposons de réentendre l'album 25 ans de grande noirceur, paru en 2017, sur lequel le groupe avait mis de l'avant certaines de ses plus belles chansons des 25 années précédentes. On entend particulièrement bien la voix de Jean-Claude sur la pièce Le wagon. Ci-bas, le texte qui accompagnait l'album lors de sa parution.


Des pieds fiables et fidèles comme un métronome. Une précision vocale d'enfer (ils en sont les charbonniers, après tout!). Les Charbonniers de l'enfer ont glané leurs incontournables pour fêter 25 ans de musique traditionnelle a cappella. Ça donne 25 ans de grande noirceur, une digne rétrospective qui n’a pourtant rien de très sombre pour Michel Faubert, André Marchand, Michel Bordeleau, Normand Miron et Jean-Claude Mirandette. Turluttes, complaintes, podorythmie, harmonies, liaisons archaïques, rythmes irréguliers, bonhomie, humour et quelques grivoiseries : tout y est.

La musique des Charbonniers de l’enfer est loin de pécher par excès de simplicité, ou par des arrangements qui ont mal vieilli. Au contraire, 25 ans de grande noirceur, c’est plutôt l’occasion de redécouvrir des harmonies exécutées avec finesse, livrées avec une énergie viscérale, vraie, instinctive. Petite Galiote et La Vignelon en sont de bons exemples. Le recours aux pédales (une note continue ou répétée, à la basse de l’harmonie) confère une richesse aux arrangements. La splendide ouverture d’Au diable les avocats (qui remonte à 2005), remplie de tensions harmoniques surprenantes, est tout aussi probante comme exemple de richesse. Le jumelage de Nikana aux planants Jours de plaine de Daniel Lavoie (un arrangement datant de 2011) donnera la chair de poule aux amateurs d’harmonies vocales. Quant au choix d’avoir déposé, la même année, Le vent l’emportera, de Noir Désir, sur une turlutte, il étonne toujours autant.

Revenons au tout début de la discographie du groupe pour mentionner l’unisson, exigeant à réussir et digne de mention, dans l’interprétation du Galant noyé (Yes for the right). Cet arrangement de 2005 nous transporte dans l’univers solennel d’une tragédie romantique typique du répertoire folklorique. On croit même deviner dans le traitement mélancolique un soupçon d’influence de vêpres grégoriennes.

Pour faire contraste et prouver qu’ils sont toujours la page, Les Charbonniers ont aussi osé le remix ! Le cou de ma bouteille a reçu le traitement électro-pop, au goût du jour, qui peut plaire aux plus audacieux, mais qui risque de faire friser les oreilles des puristes !