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Jacqueline Du Pré : le cœur éternellement battant du violoncelle

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Frédéric Cardin

Jacqueline Du Pré. Ce nom est synonyme de légende. Un talent brut comme on en rencontre rarement, fauché en pleine jeunesse par une affreuse maladie. La violoncelliste britannique, encore aujourd’hui, force l’admiration. L’album Jacqueline Du Pré : The Heart of the Cello (un titre bien choisi!) lui rend hommage en nous offrant certaines des plages les plus emblématiques du répertoire qu’elle aimait et qu’elle jouait comme pas une.

Jacqueline Du pré en 1967, interprétant le Concerto pour violoncelle d’Elgar. Un moment d’anthologie. Attention, frissons :

Elle arrivait sur scène avec une joie de vivre communicatrice. On le disait abondamment : elle avait un charme et un magnétisme irrésistibles. Et puis, cette musique qui sortait de son instrument (un Stradivarius, nommé Davidoff et appartenant aujourd’hui à Yo-Yo Ma)! Du bonheur pur.

« Elle est née pour jouer du violoncelle », c’est ce que disait le New York Times en 1967. Ce n’était pas loin de la vérité. C'est à 5 ans qu'elle pose ses doigts sur l’instrument, et à 10 ans, elle gagne une compétition internationale. À 15 ans, elle devient une enfant de la télé en jouant le Concerto de Lalo devant des milliers de téléspectateurs.

Et après, tout s’accélère : Yehudi Menuhin l’invite à jouer avec lui, elle fait ses débuts au Wigmore Hall à 16 ans, elle rencontre Daniel Barenboim, qu’elle épouse (en se convertissant au judaïsme), et devient l’un des membres de la fameuse « mafia musicale juive » (comme ses membres l’appelaient), avec son mari, mais aussi Itzhak Perlman, Pinchas Zukerman et Zubin Mehta. Elle enchaîne les enregistrements mémorables, salués autant par le public que par la critique.

Jacqueline Du Pré et Daniel Barenboim en duo. Une symbiose musicale et personnelle hors-norme :

En 1973, après un concert, elle ressent des engourdissements dans les doigts. Elle se sait depuis peu atteinte de la sclérose en plaques, et les symptômes deviennent vite trop envahissants. Elle a alors 28 ans. La prime jeunesse. Même pas encore la pleine maturité d’un grand interprète. Même pas proche. Elle doit arrêter sa carrière. Elle vivra jusqu’en 1987.

Jamais Barenboim ne cessera de la soutenir. Leur amour, comme leur carrière en couple (trop brève), a été comparé à celui de Clara et Robert Schumann.

Tout ça est du « stuff of movies » comme disent les Japonais. Et justement! En 1998, Anand Tucker sortait le film Hilary et Jackie, qui offrait un bref passage dans la jeunesse et la vie familiale de la virtuose.

Extrait d’un documentaire sur Jacqueline Du Pré (en anglais) :

Ses professeurs étaient des sommités : William Pleeth, Yan Pascal Tortelier, Mstislav Rostropovich, Pablo Casals.

Le rematriçage de l’album Jacqueline Du Pré : The Heart of the Cello s’est fait avec les techniques actuelles les plus avancées. La sonorité exceptionnelle de l’artiste et des enregistrements d’origine (déjà très bons) prend ici tout son sens.

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