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Paloma de Daniel Bélanger

L'écoute est terminée

Par
Ariane Cipriani

L'écoute de l'album est maintenant terminée. Mais cliquez ici pour voir Daniel Bélanger interpréter Il y a tant à faire en version guitare-voix

Comme on s’en ennuyait! Après avoir composé pour le théâtre (Les Belles-sœurs et Le chant de Sainte Carmen de la Main), Daniel Bélanger avait pris un tournant country-rockabilly avec Chic de ville, belle surprise de 2013. Mais rien ne vaut le tourbillon enivrant de la chanson de Daniel Bélanger, esthète unique en son genre depuis le début. L’auteur-compositeur revient avec Paloma, une colombe qu’il illustre avec humour d’un flamand rose. Retrouvailles avec l’artiste et toutes ses qualités.

Daniel Bélanger a évidemment écrit et composé Paloma en entier. Cette fois, il se charge aussi de tous les instruments (à l’exception de la batterie et de la basse, jouées par Guillaume Chartain, Maxime Lalanne et Jean-François Lemieux), en plus de la réalisation et de la production.

Qu’est-ce qui a émergé de l’imaginatif cerveau du musicien de 55 ans? Dix chansons où la gravité et les constats désolés côtoient des mélodies magnifiques, aux temps variables. Un disque de tendresse, de déception, d’amour et d’inquiétude.  Le musicien a de l’ardeur dans les guitares, mais tant de douceur aussi. Il y a tant à faire, premier extrait rassembleur, renoue avec ce tandem. Tout est dans la manière, comme il le chantait lui-même.  Sa limpidité épate : Bélanger peaufine les textures des instruments et de sa voix, visant la pureté de chaque son et de chaque voyelle.

La mélancolie tapisse souvent ses chansons, comme une trame. Étonnant, pour un type si rigolo en personne. Même dans la tristesse (quoiqu’il fasse aussi rimer spaghettis et confettis!), Daniel Bélanger a le refrain invitant et nous fait souvent taper du pied. Il a beau chanter qu’il est épuisé dans Tout viendra s’effacer (succès radio à l'horizon), il nous assure qu’un autre jour se lève et l’espoir se pointe au refrain.

Certains percevront peut-être des traces de L’échec du matériel (une sombre critique de la société de consommation) dans Un deux trois j’ai tout oublié et dans Paloma, bellement dépouillées. L’explorateur flirte même avec les sonorités indiennes dans l’interlude instrumental Prédications, unbeau trip de sons inversés, et dans Perdre.

Les fans de la première heure se plaisent chaque fois de découvrir « la chanson de la fin », souvent poignante et même fatale (L’autruche des Insomniaques s’amusent, Le dernier souffle de Joli chaos, Le primate électrique de Quatre saisons dans le désordre), cette fois-ci, en guise d’épilogue, une ballade très intime et aérienne intitulée Un, dans laquelle Bélanger nous chante « Un beau jour, un beau matin/ Tout fin leste / Je serai unifié, synchronisé/ À tout le moins un être paisible ». Nous sommes plusieurs à partager la même quête.

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