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Dany Placard : fuir le désespoir par la porte du rock

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Par
Claudia Beaumont

Le communiqué de presse annonçant l’album Full Face nous a donné une petite frousse. « Un nouvel univers musical : plus rock, plus assumé, plus moderne », révèle-t-il, nous faisant ainsi croire que Dany Placard, l’une des figures majeures du folk-rock d’ici, avait chassé le folk de son territoire de création. Ce qui est en partie vrai, mais heureusement, cela n’affecte pas la vigueur de son art : de la chanson sans filtre, conçue comme un bouclier anti-bullshit. Donc, oui, Placard s’amène avec un nouvel univers, mais il a gardé l’essentiel. Incluant la barbe.

Vidéoclip : Full Face

 

Les rénovations sonores de Placard

Ce qui frappe à la première écoute, c’est la robustesse de l’artillerie rock : riffs de guitares addictifs, réverbération à volonté et rythmique entêtée balancent effectivement le folk d’avant aux oubliettes. Le périmètre sonore prend également en ampleur, en partie grâce aux arrangements de cordes de Louis-Philippe Gingras et de La CONTROVERSE (Gabriel Desjardins). La voix de Placard s’y fond presque parfois, lui qui a adouci son franc-parler habituel à certains moments (Mon amour était plus fort que ce qu’on voit dans les vues). Mais n’allez pas croire qu’il a adapté son vocabulaire à celui de l’Académie française!

Rocker pour ne pas déprimer

Full Face donne furieusement envie de veiller tard, de s’amuser et de prendre un congé de maladie le lendemain (pour vous en convaincre, écoutez Payer des bills). Pourtant, les textes sont moroses, sombres, marqués par l’inaboutissement.

Contrairement à Santa Maria (2014), qui semait la joie avec Hot-dog Michigan et Chanson populaire (presque aussi velcro qu’On leur a fait croire, d’Alex Nevsky), le nouveau Placard nous entraîne dans les bas-fonds de la solitude (Full Face), de la dépression (Sleeping Bag), de la mort (Vince) et de la misère tout court (Notre maison). Comme dans un documentaire social, il présente des portraits d’écorchés à la lumière crue, sans fla-fla, reliés entre eux par un triste fil conducteur : le désespoir. Sauf que la musique ne sert pas à appuyer l’atmosphère des textes, mais bien à nous permettre de nous en échapper. Elle est antinomique à l’état d’esprit des personnages, et c’est parfait.

Parlant de cinéma, soulignons que Placard a participé au court métrage Bleu tonnerre (2015); il incarnait Bruno, le personnage principal, en plus d’en signer la bande originale. Le film a remporté quelques honneurs ainsi qu’une sélection à la Quinzaine des réalisateurs de Cannes. Aura-t-on le bonheur de le voir encore à l’écran? On l’espère, cependant moins que de le voir sur scène chanter bien fort C’est fucké pareil!

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