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Milot, Bareil et Tétreault offrent un délicat programme français

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Ariane Cipriani

Quelle versatilité. Il y a à peine un an, la captivante et prolifique harpiste Valérie Milot présentait Orbis, un disque dans lequel elle visitait un répertoire contemporain, en puisant même dans le rock progressif. Une belle façon de souligner ses 30 ans (seulement!).

La revoici déjà, avec un disque de musique de chambre consacré en majeure partie à la musique française de la première moitié du XXe siècle. Évidemment, le tout aussi polyvalent violoniste (et conjoint de Milot) Antoine Bareil prend part à l’aventure. Son ami de longue date, le prodige Stéphane Tétreault, se joint également à l’équipe.

Ces trois talents hors du commun sont en totale symbiose sur ce disque angélique. C’est de la fine broderie. S’additionne aussi à cette équipe une quatrième force essentielle : l’ingénieur de son et réalisateur d’Analekta Carl Talbot.

Dans le giron de la harpe, Valérie Milot fait figure d’électron libre. Elle perfectionne et nourrit son jeu à plusieurs sources, avec audace et intensité. L’instrument semblait être une extension d’elle-même dès ses débuts. Elle en scrute la délicatesse autant que la force et les possibilités rythmiques.

Jacques Ibert et Henriette Renié à l’honneur

Ce nouvel album, magnifique, s’ouvre avec le Trio pour violon, violoncelle et harpe, du parisien Jacques Ibert, une œuvre qu’il a créée pendant la guerre, en 1944, à la demande de sa fille Jacqueline. Cette dernière lui promettait en retour toutes les cigarettes qu’elle pourrait dénicher. L’interprétation de cette œuvre légère et mélancolique est si soyeuse qu’on a l’impression que les instruments se cajolent.

On poursuit avec le trio de la formidable harpiste Henriette Renié. Composée en 1901, cette œuvre modernise la harpe en la sortant du confinement orchestral auquel on l’astreignait. Fière de rendre hommage à cette artiste, Valérie Milot interprète aussi la féérique Danse des lutins, une œuvre pour harpe seule inspirée du Lai du dernier ménestrel,de Walter Scott, qui demande une agilité élevée, une virtuosité rare.

La harpiste laisse ensuite la place à ses deux complices pour l’émouvante Passacaglia pour violon et violoncelle, de Johan Halvorsen, inspirée de la Suite n° 7 en sol mineur pour clavecin, de Georg Friedrich Händel, une composition plus corsée, dramatique. Le violon et le violoncelle se font dramatiques, emportés dans l’amplitude des progressions mélodiques. Puis, on nous redépose au creux des cordes soyeuses avec l’adaptation du lied Éloge des larmes, de Franz Schubert.

Du pur bonheur, ce disque. Ces trois instrumentistes cherchent l’absolu et la pureté. Les compositions de Jacques Ibert et d’Henriette Renié sont complexes, mais nous sont offertes dans une grâce quasi céleste.Chaque instrument épouse l’autre, ça coule de source, aussi gracieux qu’un ballet.

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