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Zoltan Kocsis, Barnabas Kelemen et la musique de Fritz Kreisler : bien loin de Sissi

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Frédéric Cardin

En enregistrant l’album Hommage à Fritz Kreisler, le pianiste Zoltan Kocsis et le violoniste Barnabas Kelemen avaient l’intention de véritablement renouveler la façon souvent mielleuse de jouer la musique du célèbre Viennois. Force est de constater qu’ils ont réussi.

Nous sommes loin des froufrous à la Sissi, c’est le moins que l’on puisse dire. La musique de Fritz Kreisler, un pur produit de la musique « légère » viennoise du début du 20e siècle, est souvent abordée comme la trame sonore d’une pittoresque randonnée dans la Vienne impériale des cartes postales, avec ses hommes élégants en haut-de-forme et ses femmes enveloppées dans une pléthore de tissus, excepté là où la poitrine commence à révéler l’essentiel de ses charmes.

Barnabas attaque la musique de Kreisler comme une musique vibrante d’émotions contrastées, voire contradictoires, à mille lieues de la surface bien lisse et de l’attitude sentimentale, très « bourgeoise de salon 1920 », que l’on entend dans nombre d’interprétations. Le violoniste hongrois fait éclater les codes habituels (et surtout très convenus) de cette musique, tels que définis par des décennies de jeu à la limite du larmoyant.

Ses attaques se font brusques, parfois acides, grinçantes même. Ses tempos dynamisent le propos et sa passion est sincère, dénuée de visées opportunistes (il n’enregistre pas Kreisler parce que c’est vendeur). Kocsis est un accompagnateur parfait, un musicien aussi habile qu’incisif qui maîtrise les partitions redoutables du compositeur.

Si vous connaissiez bien la musique de Kreisler, vous la redécouvrirez avec le duo Kocsis-Barnabas.

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