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Rachel Barton Pine : un violon en quête de sommet

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Frédéric Cardin

Les 24 caprices de Paganini pour violon solo constituent une sorte d’Everest musical pour tous les virtuoses de cet instrument. Avec l’album Bel canto Paganini, l’Américaine Rachel Barton Pine en réalise ici l’ascension avec succès, plantant un drapeau tout personnel sur le toit du monde violonistique.

La technique de Rachel Barton Pine est sans faille. À ce niveau, de toute façon, aucun instrumentiste professionnel ne devrait en avoir s’il ou elle désire s’attaquer à ce chef-d’œuvre. C’est dans l’interprétation, vous l’aurez compris, que toute nouvelle lecture prendra son sens.

Comment qualifier celle de Mme Barton Pine? Pour ce faire, il faut pouvoir comparer. Je me suis servi de la version du Canadien James Ehnes comme barème, une version de très haut niveau. À côté d’Ehnes, émotif, voire intense dans sa projection sonore, Barton Pine apparaît plus poétique. Elle tisse une toile vibrante, prend plus de temps pour raffiner certains détails et semble concentrer son attention sur l’impact sonore des couleurs auditives qu’elle fabrique.

Son violon, un Guarneri fabriqué en 1742, s’avère être le frère de celui que Paganini utilisait! En effet, il a été fabriqué par le même luthier et la même année que celui du violoniste et compositeur légendaire. Qui plus est, Barton Pine n’utilise pas un archet moderne, mais plutôt un instrument du même style que celui que Paganini devait manier. Cela, combiné à l’étude du bel canto opératique réalisée dans les dernières années par Barton Pine, explique probablement les différences ici notées.

La prise de son affecte également la perception : celle de James Ehnes est claire et presque aveuglante, comme une lumière crue et bleutée sortie d’ampoules DEL trop intenses. Pour Rachel Barton Pine, on a opté pour un éclairage plus chaleureux, presque ouaté.

Dans certains caprices, Ehnes est plus efficace. Dans d’autres, Barton Pine est plus satisfaisante.

C’est au goût de chacun, bien sûr, mais une fois rendu au sommet de la montagne, on peut difficilement dire que quelqu’un ne mérite pas d’y être. Sans être la championne de tous les temps, Rachel Barton Pine offre une vision particulière et intime, très intéressante, d’un paysage que l’on pense toujours bien connaître, à tort.

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