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Haydn par Il Giardino Armonico : l’orchestre est un comédien lui aussi

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Par
Frédéric Cardin

En 2032, on fêtera le 300e anniversaire de naissance de Joseph Haydn. Pourquoi attendre? Commençons tout de suite à célébrer! C’est l’idée qu’a eue le maestro Giovanni Antonini avec son ensemble Il Giardino Armonico. Son projet Haydn 2032 propose l’enregistrement de toutes les symphonies (107!) de Haydn, déclinées en quelques dizaines d’albums – avec pour objectif d’apporter la touche finale à cette aventure en 2032, année du tricentenaire. Voici le tout récent volume 4 : Haydn – Il distratto.


À écouter aussi :

Virtuosité, phrasé délicat ou envolées lyriques, faites le plein d'énergie douce en écoutant les plus belles œuvres pour quatuors à cordes, reines des formations de musique de chambre. Des canevas riches, subtils, qui permettent de réellement plonger dans l'intimité d'un compositeur.

Haydn, Brahms, Beethoven, Schubert, Mozart, Chostakovitch, Hagen, Belcea, Cecilia, Zemlinsky, St Lawrence, etc.

Cette webradio est une liste de lecture aléatoire gratuite créée avec soin par nos programmateurs musicaux.


Antonini a eu la réjouissante intuition d’offrir cette intégrale en suggérant la construction des symphonies de Haydn sous forme d’albums thématiques, plutôt que dans une optique chronologique (comme c’est souvent le cas). Pour ce volume 4, on a focalisé l’attention sur la place du théâtre dans l’œuvre symphonique de Haydn – dont cette irrésistible Symphonie no 60 « Il distratto » (le distrait), ainsi nommée car elle a été écrite pour une comédie fort populaire à l’époque.

Le fabuleux intérêt de la chose, c’est qu’Antonini se sert de son orchestre comme d’un acteur comique. Il exagère des contrastes déjà existants, mais souvent atténués. Il ose même, au début du dernier mouvement, faire stopper raide les violons, les faire se réaccorder (comme s’ils avaient oublié, ces distraits!) et recommencer la pièce. Il fallait bien un Italien pour théâtraliser la musique perçue comme si « propre » de l’Allemand Haydn.

Les symphonies nos 12 et 70, quoique moins évidemment « scéniques », racontent elles aussi des histoires ponctuées de rebondissements et de surprises (ça s’entend).

Chaque volume (merveilleuse idée!) est complété par une pièce d’un compositeur contemporain de Haydn, ce qui nous fait souvent découvrir de très belles musiques. Ici, parfaitement accordé avec le thème, le pétillant Maestro di cappella, de Domenico Cimarosa, se fait entendre. Une parodie amusante d’un chef d’orchestre qui n’arrive pas à discipliner son orchestre!

Voilà un album vif, brillant et plein d’esprit, qui transforme le regard habituel que nous avons de Haydn (vous savez, ce compositeur sérieux, rigoureux, cérébral, etc.) et qui nous amène avec le sourire sur la voie des festivités de 2032.

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