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Troisième rangée de Louis-Philippe Gingras 

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Ariane Cipriani

Histoires de gars

Après Traverser l’parc, en 2013, Louis-Philippe Gingras revient avec Troisième rangée, dans lequel il parle moins de lui et plus des autres.

La chanson-titre, par exemple, ironiquement légère, raconte adroitement l’histoire d’un gars qui se fait laisser dans la troisième rangée de l’épicerie. Elle relate en fait la rupture entre Louis-Philippe et son ancienne gérante, qui s’est réellement passée devant… les pickles.

À chaque chanson, le musicien change de quotidien, de lieux ou de personnages, telle une visite guidée par ses yeux observateurs.Il y a cette fille qui fait craquer le chanteur mais qui travaille au Tigre géant. Il y a la « shop » de Cap d’acier, avec ses gars qui travaillent fort et ses calendriers de filles qui adoucissent l’hiver, ou Jaune-orange, la nouvelle chambre du gars paumé pas trop vaillant qui demande les bons soins d’une ex.

Il est doué, Louis-Philippe Gingras, pour décrire des inerties dans lesquelles on peut tous se reconnaître, ou des histoires finies qui ne finissent pas vraiment.

«  Tu m’as rien appris, en débardant ta vie. Je savais que la fin commençait demain.  »

Ce regard élargi imprègne aussi ses musiques. Gingras reste un gars de folk-rock pas trop propre et de mots salaces, qui ne se sanctionne pas. Ce deuxième disque (fait avec des gars du même bois : Dany Placard à la réalisation et Benoît Bouchard — « Ben Boutch » — au son), est aussi plus lumineux et musicalement plus riche. Les gars s’éclatent avec les guitares et la pédale pesante dans Fruit Loops ou Rahan, mais Gingras succombe lui aussi à l’irrésistible douceur des violons et à l’onctuosité des cuivres. La Bronze joint sa voix à la sienne dans Parc à chien, avec son refrain pop optimiste et rassembleur qui vendrait des voitures neuves. Le guitariste invite aussi sa maman, professeure de musique bien connue à Rouyn-Noranda, à jouer du piano sur Le Boat. Puis, le chanteur conclut de façon sympathique avec Fermer le chalet. Les retrouvailles étaient bonnes.

En dehors de l’humour et du rock, l’auteur-compositeur originaire de Rouyn-Noranda revient de loin. Mais il revient debout, c’est déjà beaucoup, comme lechante Michel Rivard. Souffrant d’un trouble bipolaire, Louis-Philippe Gingras a connu ses premiers épisodes psychotiques en 2013. L’année suivante, il est devenu porte-parole de l’Association québécoise des programmes pour premiers épisodes psychotiques (l’AQPPEP).  

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