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Son of England : ténébreuse somptuosité de Clarke et Purcell

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Par
Frédéric Cardin

Le Son of England du titre de ce nouvel album de l’ensemble Le Poème harmonique, c’est Henry Purcell, plus grand compositeur anglais d’avant la fin du 19e siècle. Le Jean-Sébastien Bach de l’Angleterre, pourrait-on dire, bien que son style diffère profondément de celui de l’Allemand. L’ensemble français le Poème harmonique célèbre donc Purcell sur un nouvel album tout à fait splendide, et grâce auquel nous découvrons également un chef-d’œuvre oublié, écrit en l’honneur de Purcell par l’un de ses contemporains, Jeremiah Clarke.


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Si la musique était une religion, Bach en serait le dieu père. C'est ce que plusieurs disent. Une webradio en son honneur ne peut donc qu'être littéralement divine! Rien que des chefs-d'oeuvre, de la Toccate en ré mineur aux Suites pour violoncelle en passant par les Cantates et les Concertos brandebourgeois.

Glenn Gould, Phlippe Herreweghe, Bernard Lagacé, Pieter Wispelwey, etc.

Cette webradio est une liste de lecture aléatoire gratuite créée avec soin par nos programmateurs musicaux.


Flamboyance, pompe opulente, gravité émouvante, tragédie funeste : voilà ce qu’on retrouve sur cet album imprégné d’une ténébreuse somptuosité. Cela débute par Come, Come Along, une ode funèbre de Jeremiah Clarke destinée à la mémoire de Purcell, génie musical mort bien trop tôt à 36 ans, en 1695 (ironie du sort : Clarke allait lui aussi mourir dans la fleur de l’âge, à 33 ans, quelques années plus tard). On imagine le cortège se rendant à Westminster, où sera enterré Purcell – fait exceptionnel pour un simple musicien ne faisant pas partie de la famille royale. Les rues bordées de citoyens en deuil, des draps noirs masquant les façades trop banales des maisons et boutiques… Poignant.

Puis, deux bijoux du grand Henry : Funeral Sentences for the Death of Queen Mary II (transcender le chagrin en beauté : ils savaient décidément y faire, ces Anglais!) et Welcome to All the Pleasures, une ode lumineuse à Sainte-Cécile, protectrice de la musique, et un contraste bienvenu après les deux œuvres précédentes.

Vincent Dumestre dirige des musiciens français (pour la plupart) qui semblent avoir du sang Stuart. Les accents, les intonations, le pathos élégant : tout respire une vibrante intensité émotionnelle, savamment contenue et canalisée dans une perfection esthétique puissamment incarnée.

Le Poème harmonique, le chœur Les Cris de Paris (j’adore ce nom!) ainsi que les solistes exultent d’une musicalité rien de moins qu’inspirante.

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