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L’indie rock psychédélique sombre de Venus Furs

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Mathieu Valiquette

Si vous êtes comme moi, vous avez immédiatement pensé à la chanson des Velvet Underground en lisant le nom Venus Furs. Bien qu’on puisse soulever des points communs avec le groupe des années 60, c’est surtout du côté du rock alternatif de la période 1985-1995 que viennent les principales influences de Paul Kasner, l’architecte de cet album captivant.

L’idée et les premières ébauches de ce premier album du Montréalais multi-instrumentiste remontent à une douzaine d’années, alors qu’il était dans sa jeune vingtaine. Il a passé les cinq dernières années à peaufiner le son qu’il avait en tête à l’aide de quelques collaborateurs, dont l’ingénieur de son Simon Petraki.

La guitare est sans contredit la vedette de cet album. D’abord de façon plus classique ou posée sur Chaos and Confusion, l’instrument prend rapidement du gallon sur Friendly Fire, qui combine habilement psychédélisme et punk.

C’est sur les deux dernières pièces de l’album que Kasner s’en donne le plus à cœur joie avec les six cordes. La longue finale aux ambiances grunge de Living in Constant crée un son aussi chaleureux qu’hypnotique, alors que la fougueuse Page Before clôt l’album sur une note explosive.

On dénote de légères influences de la pop britannique ici et là. Notamment dans l’intro de New Inspiration, dont les accords et l’esthétique rappellent les belles années de Blur ou d’Oasis. Mais de façon générale, le rock de Venus Furs est plus sombre, voire lugubre par moments. L’orgue menaçant et la batterie militaire de Fire in Her Eyes lui confèrent d’ailleurs une théâtralité proche de la musique progressive.

Côté plume, l’artiste, qui dit s’inspirer autant de la littérature d’Oscar Wild que de la narration de Ray Davies, traite de sujets en phase avec le sérieux de la musique. Dépression et anxiété sont au cœur de Paranoia, l’une des pièces les plus réussies de l’album.

À noter, la prise de son très aérée qui donne une impression d’une prestation en concert. À défaut de pouvoir assister à un spectacle présentement, mettez votre casque d’écoute, fermez les yeux et imaginez une scène et une foule. Amateurs de rock, ça pourrait être thérapeutique.