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Unfollow the Rules : Rufus Wainwright en trois teintes

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Par
Mathieu Valiquette

Sur son neuvième album, Rufus Wainwright nous éblouit avec un programme en trois actes de quatre chansons chacun. Ces trois chapitres nous font passer subtilement du plus clair au plus obscur des différents tons qui caractérisent l’ensemble de son répertoire. Unfollow the Rules sera certainement un régal pour ses admirateurs.

Ce nouvel album marque le grand retour à la chanson pop de l’artiste, qui l’avait quelque peu délaissée depuis sept ou huit ans pour faire une incursion dans le monde de l’opéra. On parle de chanson pop, mais comme on le sait, ce style est chez lui enrobé d’une grâce, d’une élégance et d’un classicisme uniques qui ont fait leurs preuves depuis son premier album.

D’ailleurs, pour l’enregistrement d’Unfollow the Rules, il est retourné là où tout a commencé pour lui en 1998, au studio Sound City, à Los Angeles. L’endroit mythique a vu passer plusieurs légendes de la musique rock, telles que Neil Young, Tom Petty et Fleetwood Mac.

Habitant à Los Angeles depuis quelque temps, le musicien originaire de Montréal avait le désir de s’inscrire dans cette tradition des grands albums californiens. « Il y avait clairement le concept de celui qui revient à Los Angeles pour réclamer son héritage en tant que survivant de l’industrie de la musique », explique-t-il dans le documentaire Unmaking Unfollow the Rules qui accompagne la sortie de l’opus.

Il y a toujours cette intemporalité si attachante dans la musique de Rufus Wainwright. Damsell in Distress, dans le premier acte, une pièce inspirée par Joni Mitchell, est du Rufus pur jus, le genre qui nous remplit de joie dès la première écoute. S’ensuit la pièce-titre, véritable petit bijou de ballade sur laquelle la voix du chanteur a rarement été aussi majestueuse.

Dans le deuxième acte, il chante une ode à Londres (Romantical-Romance), s’adresse à son époux sur Peaceful Afternoon, qui a un peu la mélodie de So Long, Marianne, de Cohen, et nous rappelle avec délicatesse que l’amour existe encore (Only the People That Love).

La dernière partie, plus sombre ou grave que les deux autres, nous offre de belles surprises, comme le simple Hatred par sa touche de musique électronique et son violon obsédant, et sur laquelle on peut entendre sa sœur, Martha. L’album se conclut avec la magnifique Alone in Time et de superbes harmonies vocales, toutes chantées par Rufus lui-même et dignes du grand Brian Wilson.

Rufus Wainwright a toujours eu une place particulière dans l’industrie de la musique; un pied dans la pop folk, l’autre dans le classique. Il est adulé par plusieurs de ses pairs et la réaction du public à ses albums l’a souvent déçu, comme il en témoigne dans le documentaire. Ce nouvel album ne lui fera peut-être pas gagner des tonnes de nouveaux admirateurs, mais il constitue une solide pierre de plus dans la construction de son brillant héritage musical.

Écoutez l'entrevue que Rufus Wainwright a accordée à Catherine Pogonat à l'émission L'effet Pogonat:

Entrevue avec Rufus Wainwright
Entrevue avec Rufus Wainwright

Rufus Wainwright s'entretient avec Cartherine Pogonat au sujet de son nouvel album Unfollow the Rules.

Audio

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