Chargement en cours

avec   ·   par
avec   ·   par
En chargement...
Erreur de chargement.

Le fabuleux voyage de Klô Pelgag à Notre-Dame-des-Sept-Douleurs

L'écoute est terminée

Par
Mathieu Valiquette

Notre-Dame-des-Sept-Douleurs, c’est une municipalité du Bas-Saint-Laurent de moins de 100 habitants. L’image que Klô Pelgag s’était faite de ce lieu alors qu’elle était enfant et voyait ce nom mystérieux sur les pancartes dans la voiture familiale en était une de terreur et d’angoisse. Lorsqu’elle y a mis les pieds la première fois, en 2019, au sortir d’une période sombre, elle a découvert un endroit merveilleux. Aussi merveilleux que les 12 chansons de son troisième album inspirées de ce pèlerinage. Suivons-la pièce par pièce dans cette nouvelle aventure.

Notre-Dame-des-Sept-Douleurs

Une introduction instrumentale au thérémine chargée d’angoisse qui pourrait être la bande sonore de sa représentation mentale de Notre-Dame-des-Sept-Douleurs. La partition d’un film d’horreur.

Rémora

Avec son rythme sophistiqué et sa basse bien franche, Rémora est une chanson enjouée, jusqu’à cette cassure qui vient ponctuer la pièce et lui donne une direction surprenante et dramatique. Les chœurs multipliés de la chanteuse lors de la finale quasi ecclésiastique ont un effet du tonnerre.

Umami

Rarement Klô Pelgag n’aura sonné aussi pop que sur Umami, avec ses couplets hyper mélodiques et ses « ou-ha-ou-ha » en guise de refrain, mais une autre rupture de ton vient surprendre vers le milieu de la pièce pour une finale lugubre et théâtrale. Franchement audacieux.

J’aurai les cheveux longs

Sur cette ballade au piano de facture plutôt classique, la chanteuse aborde de façon très touchante les blessures que créent les disputes et l’éloignement; le tout magnifié par les arrangements de cordes d’Owen Pallett.

À l’ombre des cyprès

Jamais loin de la fable, la fée Pelgag nous entraîne dans sa poésie caractéristique qui met en scène la nature et les animaux. La longue introduction de la pièce sur laquelle la chanteuse y va de vocalises ludiques bercées par les violons est tout simplement brillante.

La fonte

La fonte est une pièce dépouillée sur laquelle Klô Pelgag s’adresse à son père, décédé en mars dernier. Est-ce bien toi dans le ciel/Qui fait filer les étoiles; possiblement la pièce la plus intime de son répertoire.

Soleil

Un autre bijou minimaliste qui, avec la chanson précédente, vient scinder l’album en deux. La mélodie et les cuivres peuvent rappeler la sensibilité et le style d’un Paul McCartney.

Für Élise

La flûte à bec vient ajouter une couche d’exotisme sur le portrait fantasque de cette Élise qui « ne se nourrit que d’oranges et de livres de Kafka ». Les jolis arrangements sont de Klô Pelgag.

Mélamine

Les premières pointes de musique électroniques de l’album se font entendre sur Mélamine; le moment le plus dansant de Notre-Dame-des-Sept-Douleurs. Pourquoi veux-tu prendre ma voix/Il te faudra quelque chose à dire; la pièce semble faire référence aux artistes qui tentent de l’imiter.

Où vas-tu quand tu dors

La musicienne signe les éclatants arrangements de cordes et de cuivres de cette chanson au joli titre. Les « où-où » répétés font écho à Island in the Sun, de Weezer. De la pop baroque gonflée à bloc.

La maison jaune

La voix de Klô Pelgag est plus souple et puissante que jamais sur la grandiose Maison jaune, un endroit qui « réfère à la maison qu’habitait le peintre Vincent Van Gogh alors qu’il vivait une grande détresse », selon le communiqué.

Notre-Dame-des-Sept-Douleurs II

C’est la coda instrumentale qui boucle l’album. Similaire à la première partie, mais avec synthétiseurs rétro à la Stranger Things. Aussi angoissante, mais avec une éclaircie à la fin.

En résumé

D’un album à l’autre, la musique de Klô Pelgag est un peu plus accessible, et aucun compromis artistique n'a été fait. Il y a là un tour de force que peu d’artistes peuvent accomplir : accoucher de mélodies avenantes dans un enrobage éclaté et foisonnant de façon si naturelle. Il est difficile de ne pas être ébahi par autant de talent. Du grand art.

Une courte vidéo qui explique la genèse de Notre-Dame-des-Sept-Douleurs:

Fête de la Saint-Jean-Baptiste

Vous connaissez déjà Heureux d'un printemps et les autres classiques de la chanson de chez nous? Eh bien, il y en a maintenant de nouvelles, que nous ajoutons sans hésiter au répertoire de la chanson rassembleuse. Ici, les monuments et les jeunes pousses se rencontrent et s'amusent à mettre en chanson ce qui fait la spécificité de notre culture.

Paul Piché, Les Trois Accords, Émile Bilodeau, Les Colocs, Les Cowboys Fringuants, Jean Leloup, Louise Forestier, Robert Charlebois, Gilles Vigneault, Les sœurs Boulay, Avec pas d'casque, etc.

Cette liste d'écoute aléatoire et gratuite a été préparée avec soin par notre équipe.