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Cold House Burning, de Camille Delean : langueur et résilience

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Par
Mathieu Valiquette

Un album dont le thème central est l’isolement n’est pas très surprenant en cette période de pandémie et de confinement. Mais lorsqu’on apprend que les pièces qui le constituent ont été composées en 2016, on se dit que c’était sans doute le moment idéal pour les faire paraître.

Cold House Burning est le deuxième album de Camille Delean, une Franco-Ontarienne maintenant installée à Montréal. C’est là qu’elle a composé ces dix chansons alors qu’elle était clouée chez elle, captive d’une maladie qu’elle traîne depuis l’enfance et dont les moments les plus pénibles peuvent l’obliger à demeurer immobile.

C’est ce sentiment d’impuissance qui demande beaucoup de résilience que l’auteure-compositrice-interprète a voulu mettre en mots et en musique. Pour ce faire, elle s’est entourée de musiciens montréalais chevronnés, dont le batteur d’Arcade Fire, Jeremy Gara, le pianiste Mathieu Charbonneau (Avec pas d’casque, Timber Timbre) et le réalisateur de l’album et multi-instrumentiste Michael Feuerstack.

Ensemble, ils ont créé une musique folk aux tendances country et alternative qui exprime à merveille le vertige de la léthargie, lorsque les jours se confondent et qu’on a l’impression que la vie nous échappe. Dès Idle Fever, Out of Tune, qui ouvre l’album, la voix douce et mélancolique de Camille Delean nous emporte pour un voyage intérieur et poétique.

L’instrumentation riche (violon, saxophone), parfaitement dosée, et les chœurs de Feuerstack apportent profondeur à l’ambiance americana de l’album. Un son qu’on situerait à mi-chemin entre celui de Lucinda Williams (sans la voix graveleuse) et le côté folk vaporeux des Cowboys Junkies.

Cold House Burning est l’un de ces albums où l’ambiance et l’authenticité prennent le dessus sur le reste. Comme beaucoup de grandes œuvres, il puise sa force créatrice à partir de la douleur, pour mieux faire jaillir la lumière et l’espoir. L’une des belles surprises de cette première moitié d’année.

Enivrante

De la pop épique au post-rock, en passant par l'électro ambiant, parcourez ce paysage sonore parsemé de cathédrales instrumentales où l'électronique se fond dans l'organique. Des chansons hors format, planantes à souhait.

Godspeed You! Black Emperor, Forêt, Navet Confit, Silver Mt. Zion, Braids, Esmerine, Tanya Tagaq, etc.

Cette liste d'écoute aléatoire et gratuite a été préparée avec soin par notre équipe.