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Elinor Frey : le violoncelle solaire

L'écoute se termine dans 2 jours

Par
Frédéric Cardin

La violoncelliste montréalaise Elinor Frey vient de sortir un album rempli de petites merveilles : des sonates méconnues d’un compositeur à découvrir absolument! L’album Giuseppe Clemente Dall’abaco : Cello Sonatas jette une lumière généreuse et plus que bienvenue sur la musique de ce compositeur italien qui a vu Bach, Vivaldi, Haendel et même Mozart mourir, puis Beethoven et Schubert naître. Bien plus qu’une simple démarche musicologique, l’album d’Elinor Frey est un message d’amour pour le violoncelle, sublimé ici par la magnifique musique de Dall’abaco.

La musique de Dall’abaco m’enchante continuellement. Ses sonates sont remplies de mélodies cantabile à la légèreté de chants populaires, dont les mouvements lents rehaussent la beauté naturelle du timbre du violoncelle.

Elinor Frey, notes pour l’album

La musique de Dall’abaco est alerte et joyeuse dans ses mouvements allègres, douce et tendre dans les mouvements lents. Les mélodies sont attrayantes, mais jamais simplistes. Il y a une profondeur stimulante dans cette écriture. Dall’abaco a réalisé un corpus magistral pour le violoncelle, et l’on commence à peine à en prendre conscience. On pouvait difficilement souhaiter meilleure interprète qu’Elinor Frey pour cette musique. La technique est impeccable, la musicalité est vibrante de sensibilité et d’humanité. Les sons qu’elle crée sont empreints d’une lumière caressante. À ses côtés, Federica Bianchi au clavecin, Mauro Valli au violoncelle et Giangiacomo Pinardi à l’archiluth, sont excellents.

En exécutant de plus en plus la musique de Dall’abaco dans les salles de concert actuelles, non seulement nous restaurons sa voix de compositeur, mais nous faisons entrer dans nos vies une musique pour violoncelle qui demeure fraîche, audacieuse, charmante, et souvent d’une beauté absolue

Elinor Frey, notes pour l’album

Giuseppe Clemente Dall’abaco a vécu de 1710 à 1805. Il a donc traversé l’un des siècles les plus foisonnants en chefs-d’œuvre musicaux. Ça ne l’a pas aidé pour la postérité, puisqu’il est resté dans l’ombre de géants comme Bach et Mozart. C’est lorsque des interprètes dévouées, intelligentes et rigoureuses comme Elinor Frey décident de plonger dans les partitions de ce genre de créateurs injustement oubliés que nous prenons conscience de l’extraordinaire richesse que continuent de receler les archives musicales éparpillées un peu partout en Europe.

Frey est l’une des plus brillantes violoncellistes sur la scène mondiale actuelle. Je l’affirme sans aucune hésitation. Je dirais même que c’est un trésor national. Un trésor que nous avons dérobé aux États-Unis! En effet, la native de Seattle vit désormais à Montréal, est désormais Canadienne et parle un français délicieux.

Comme le démontrent les notes du livret qu’elle a rédigées, elle excelle également dans le travail musicologique théorique, et dans le travail de terrain encore plus. Elle adore partir et aller fouiller dans de vieilles bibliothèques ou autres fonds d’archives, souvent en Italie (il y a pire destination pour du travail de recherche, n’est-ce pas?). Elle nous en rapporte ensuite des pépites éclatantes de beauté qui dormaient quelque part sous un immense dragon personnifiant le temps et l’oubli des siècles.

Cet album, entre autres, est le résultat de ces recherches placées sous le signe de la belle musique, mais aussi, tant qu’à être dans un pays de grande culture gastronomique, du bon vin et de la bonne nourriture!

Il y a tout cela dans Giuseppe Clemente Dall’abaco : Cello Sonatas. Beauté, douceur, soleil, vitalité, rigueur, intelligence, plaisir, magie, curiosité. Il ne faut pas manquer ça.

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