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Karina Gauvin : élégantes Nuits blanches chez le tsar

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Frédéric Cardin

Lorsqu’on pense à la musique de l’époque classique (celle de Mozart et Haydn), on pense à plusieurs pays d’origine, mais rarement à la Russie. Pourtant, la cour de Pierre le Grand, située à Saint-Pétersbourg, était un port d’attache fort recherché, et aux fonctions bien payées. L’album Nuits blanches : airs d’opéra à la cour de Russie au XVIIIe siècle, de Karina Gauvin et de l’ensemble Pacific Baroque, dirigé par Alexander Weimann, témoigne avec éloquence de la richesse d’expression et de la beauté musicale qui s’épanouissaient à la cour du Tsar de toutes les Russies à la fin du 18e siècle!

La vie musicale à la cour de Russie au 18e siècle était un mélange riche et diversifié
de styles et d’influences venus de toute l’Europe. Elle a pavé la voie à l’essor
de l’école nationale des compositeurs russes du 19e siècle. Il se peut qu’une tradition
opératique spécifiquement russe soit née en 1836, lors de la création d’Une vie pour le
tsar, de Mikhaïl Glinka, mais c’est au 18e siècle que la fièvre de l’opéra s’est emparée
de la Russie.

Christina Hutten, livret de présentation de l’album

On entend très peu parler de nos jours de compositeurs tels Bortnianski, Fomine, Berezovski et Dall’Oglio. Pourtant, leur musique était appréciée et respectée autant en Russie qu’à l’extérieur du pays (lorsqu’elle était exportée, occasionnellement).

La soprano Karina Gauvin rend hommage à certaines pages parmi les plus belles de cette musique largement oubliée. Gauvin, avec toute la splendeur et l’impeccable tenue de sa voix exceptionnelle, devient ici l’ambassadrice idéale de partitions habiles et agréablement construites.

Il serait vain d’y chercher une forte présence du terroir musical russe. Les compositeurs autochtones étaient formés, pour la plupart, à l’extérieur du pays, soit en Italie ou en Allemagne. D’autres (tel Dall, Oglio, italiens de naissance) étaient carrément engagés pour venir divertir la cour du Tsar. L’album comprend aussi la musique de Gluck, jouée avec beaucoup de succès après la mort de celui-ci à Saint-Pétersbourg.

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En fin de compte, si on aime Mozart et même les baroques tardifs (Handel), on se retrouvera en terrain connu en écoutant Nuits blanches. On y trouvera même des incitatifs à effectuer quelques recherches supplémentaires pour approfondir sa connaissance de ce pan méconnu de la musique européenne du 18e siècle.

Peut-on reprocher quoi que ce soit à Karina Gauvin? Le timbre doré, l’aisance des phrases qui fascine, la plasticité vocale remarquable, la justesse parfaite, tout est là, comme d’habitude avec cette artiste.

Le Pacific Baroque Orchestra de Vancouver est un écrin distingué pour le diamant finement ciselé de la soprano québécoise.

Merci à tous et toutes pour ce bel album de découvertes.

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