Chargement en cours

avec   ·   par
avec   ·   par
En chargement...
Erreur de chargement.

Jean-Michel Dubé : à la hauteur du génie d'André Mathieu

L'écoute est terminée

Par
Frédéric Cardin

Le pianiste Jean-Michel Dubé, accompagné des chambristes des Violons du Roy, vient poser une nouvelle brique à l’édifice grandissant de la musique enregistrée et très bien interprétée d’André Mathieu avec André Mathieu : musique de chambre. Cet album m’emballe, au moins autant que d’autres parutions avec le même répertoire et d’aussi excellents interprètes qu’Alain Lefèvre, le Quatuor Alcan, Marc Djokic et Jean-Philippe Sylvestre.

Si le mot génie a un sens, c’est ici que nous pourrons le déchiffrer

Émile Vuillermoz, en 1939, après avoir entendu André Mathieu

Jean-Michel Dubé est joint ici par des chambristes des Violons du Roy, soit Noëlla Bouchard et Pascale Gagnon, violonistes, Isaac Chalk, altiste, et Raphaël Dubé, violoncelliste. La musique de chambre de Mathieu véhicule autant de la personnalité intime du compositeur que ses pièces pour piano seul, mais avec un éventail plus important de couleurs et de textures sonores!

Vous aimerez également :

l’article sur l’album André Mathieu, d’Alain Lefèvre et Hélène Mercier, qui comprend une entrevue où la pianiste québécoise parle de la musique d’André Mathieu

L’âme si romantique et mélancolique d’André Mathieu s’incarne magnifiquement bien dans les lignes mélodiques vibrantes d’émotion que les musiciennes et musiciens québécois portent ici avec beaucoup d’élégance et de force de conviction. Jean-Michel Dubé et ses partenaires dressent un portrait charnu et généreux de cette musique. 

Je dis romantique, car Mathieu se définissait ainsi, ou plutôt « romantique moderne  », ce qui est plus juste, car malgré les influences bien européennes très 19e siècle, la musique de Mathieu, particulièrement dans le Quintette et le Trio, reflète aussi des influences modernes. On y entend d’occasionnelles dissonances assumées et quelques indéniables moments impressionnistes. Le mariage ainsi créé est magnifique. Voilà d’authentiques chefs-d’œuvre.

Le Quintette s’impose comme l’œuvre majeure d’André Mathieu. Il éclate de passion et déborde de cette sève qui a toujours irrigué ses plus belles créations

Georges Nicholson

La preuve qu’André Mathieu est devenu important dans le paysage musical canadien, c’est qu’il est désormais possible de comparer trois interprétations différentes du Quintette et du Trio! Qui l’eût cru il y a à peine 20 ans?

Un album ATMA est paru il y a un an à peine et comprenait presque exactement le même répertoire (la Sonate pour violon était offerte en plus). Les musiciennes et musiciens Marc Djokic, Jean-Philippe Sylvestre, Chloé Dominguez, Andréa Tyniec et Elvira Misbakhova jouaient avec excellence et beaucoup de scintillance.

Pionnier de la renaissance d’André Mathieu, Alain Lefèvre offrait, avec son frère David et le Quatuor Alcan, des interprétations ardentes du Quintette et du Trio uniquement (les deux indispensables du corpus chambriste de Mathieu, il est vrai) dans un important album Analekta de 2011.

Je ne ferai pas la comparaison exhaustive des trois disques, mais je dirai simplement que chacun est important et indispensable à sa façon, et renforce la pertinence des deux autres.

Cet album signé Jean-Michel Dubé est le plus récent, mais certainement pas le moindre. Il fait désormais partie d’une lignée prestigieuse, digne d’André Mathieu.

Vous souhaitez être au courant de tout ce qui touche la musique classique sur ICI Musique?

Abonnez-vous à notre infolettre classique!