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La petite suite québécoise de Marie Bernard : avoir le Québec à choeur

L'écoute se termine demain

Par
Frédéric Cardin

Depuis sa création, en 1979, La petite suite québécoise, de Marie Bernard, pour chœur mixte et ensemble instrumental, est interprétée partout au Québec et ailleurs dans la francophonie avec une remarquable régularité. Disques Atma vient de sortir un nouvel enregistrement de ce bijou du chant choral, un foisonnement de mélodies populaires et folkloriques très accrocheur. 

L’album présente aussi l’oratorio Vaste est la vie, que la compositrice a réalisé avec Michel Rivard, et le cycle 8 haïkus, enregistrés pour la première fois.

La petite suite québécoise est un arrangement de 30 mélodies irrésistibles, allant de chansons de Gilles Vigneault (Les gens de mon pays, Tout l’monde est malheureux, Tam di delam) à des chansons folkloriques bien connues telles que Au chant de l’alouette, V’là l’bon vent et Ah! si mon moine, en passant par des classiques de Robert Charlebois (Je reviendrai à Montréal), de Beau Dommage (Complainte du phoque en Alaska) et de Jean-Pierre Ferland (Je reviens chez nous).

Vaste est la vie est un oratorio qui s’appuie sur un texte de Michel Rivard, avec qui Marie Bernard a collaboré plus d’une fois, notamment pour l’album Un trou dans les nuages. Le leitmotiv thématique est clair : quatre mouvements évoquant autant d’étapes de la vie humaine.

Vaste est la vie est une réflexion poétique sur le passage du temps : de l’innocence primordiale (L’enfant, le monde) aux violentes contradictions (De l’ombre au tableau), puis du recueillement méditatif (Le lac) à l’espoir, la réalisation et la joie d’exister (Vaste est la vie).

Marie Bernard

Ne manquez pas l’émission De tout chœur avec vous, diffusée tous les dimanches de midi à 14 h sur ICI Musique classique (en reprise les samedis, à minuit)

Le cycle 8 haïkus, comme le titre l’indique, est inspiré de la forme poétique japonaise tout en économie de mots, mais en profondeur de sens. Avec un maximum d’une quinzaine de syllabes, chaque petit texte évoque des moments de vie de la compositrice : souvenirs, impressions inspirées de la nature, réflexions sur la vie, etc. Ici, le langage musical est plus complexe et moderne que pour les deux œuvres précédentes. Une fantastique découverte que voilà!

Le Chœur de l’Art Neuf et l’ensemble instrumental comprenant certains des meilleurs musiciens et musiciennes d’orchestre québécois sont sous la direction de Pierre Barrette. La diction claire des choristes et la précision d’ensemble des instrumentistes favorisent une agréable compréhension des textes et une appréciation des mélodies populaires de la suite, ou celles de Marie Bernard dans l’oratorio. Les 8 haïkus constituent certainement une charge plus lourde pour un chœur amateur, ce qui ne semble pas rebuter celui de l’Art Neuf, convaincant ici dans des pièces d’un répertoire plus pointu.

Bravo à Marie Bernard d’offrir de si belles partitions à des chœurs non professionnels, et bravo aussi à tous ces vocalistes de cœur (!), bénévoles de surcroît, pour s’investir avec tant de conviction dans la musique d’aujourd’hui!

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