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Mathieu Gaudet joue Schubert : superbe et impressionnant

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Frédéric Cardin

Dans la catégorie « mais comment fait-il? », Mathieu Gaudet est de ces personnes à propos de qui on peut sincèrement se poser la question. En plus d’être pianiste de très haut niveau (son album Schubert : le premier romantique, qui vient de paraître, le prouve), il est également urgentologue et père de trois jeunes enfants! Mais peu importe quand et comment, il est évident qu’il trouve le temps nécessaire pour perfectionner son jeu, au point de nous donner des moments de frissons musicaux inoubliables. 

J’ai de la difficulté à contenir mon enthousiasme. Cet album est d’une beauté à couper le souffle! La musique, bien sûr, est sublime. Les sonates pour piano de Schubert, c’est Toutatis en culottes de velours, comme on dit dans un petit village gaulois. Mais il faut quand même les jouer et être, le cas échéant, à la hauteur des partitions. 

Il faut dire que de 2015 à 2019, le pianiste s’est pour ainsi dire préparé à enregistrer cet album qu’on nous annonce comme le premier volume d’une intégrale. En effet, sa série Schubert : le grand voyage l’a amené à jouer l’ensemble de l’œuvre schubertienne un peu partout à Montréal et dans le reste du Québec. Il était donc fin prêt pour passer en studio!

Il y a deux œuvres, ici : la Sonate en fa dièse mineur D. 571 et la Sonate en sol majeur, op. 78, D. 894

La première des deux est une sonate inachevée, de laquelle la plupart des quatre mouvements ne nous sont parvenus que sous forme de fragments plus ou moins longs. Ici, comme si la jouer telle quelle – ou encore sous la forme d’une des reconstitutions réalisées par quelques pianistes du passé – n’était pas assez, Mathieu Gaudet s’est lancé dans la réalisation de sa propre reconstitution (basée, cela dit, sur celles de Paul Badura-Skoda, entre autres)! 

En raison de cette nature fragmentaire, cette sonate n’est pas souvent jouée. En écoutant ce que le pianiste québécois en a fait, on ne peut que souhaiter que cela change. On a tout Schubert là-dedans : la subtilité des émotions; les références aux musiques populaires – surtout paysannes – de son époque; le sens du dialogue; et la beauté des mélodies.

La deuxième sonate au programme est bien mieux connue. Elle est l’une des plus importantes avant la trilogie suprême des trois dernières. Ici, le développement nous laisse entendre ou voir des cloches lointaines; des ondes délicates à la surface d’une eau tranquille; une randonnée à la campagne agrémentée d’une petite danse (pourquoi pas?); et quelques passages plus dramatiques où l’on peut imaginer à peu près ce que l’on veut, mais toujours fasciné et envoûté qu’on est par ces mélodies et ces couleurs bienfaisantes.

Ce n’est que le début d’une intégrale, on l’a dit. Mais quelle entrée en matière! Et quel espoir elle suscite pour l’avenir!

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