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Dohnanyi par Marc-André Hamelin : tout simplement exceptionnel

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Par
Frédéric Cardin

Le pianiste québécois Marc-André Hamelin se joint au quatuor Takacs, l’un des meilleurs ensembles de chambristes en activité, afin de nous faire découvrir la grande et belle musique du compositeur hongrois Erno Dohnanyi. Dohnanyi: Piano Quintets – String Quartet no 2 ouvre la porte sur l’univers musical de cet artiste encore méconnu du grand public, un artiste dont la qualité d’écriture n’a rien à envier au génial Brahms, et qui remplit tout l’espace de sonorités mélodiques, riches et foisonnantes. Une superbe découverte!

De belles grandes phrases mélodiques qui impressionnent dès les premiers instants avec un sens du drame et de l’expression puissant, instantanément communicatif, c’est ce qu’on entend avec les toutes premières notes de l’album Dohnanyi: Piano Quintets – String Quartet no 2. C’est le Quintette no 1, op. 1, qui amorce l’album, la première œuvre publiée par l’artiste, qui avait 18 ans lors de la composition. Un début pour le moins impressionnant!

Partout lors des quatre mouvements du quintette, on sent cette force expressive qui semble déborder de tous les accords, de tous les thèmes, de toutes les lignes sonores dessinées à grands traits charnus de timbres et de projection sonore. 

Partout, aussi, on entend Brahms, l’inspiration plus que certaine du jeune Dohnanyi.

Avec le temps, Dohnanyi s’est affranchi de cette filiation étroite, bien entendu, mais sans jamais la rejeter. Il est toujours demeuré un romantique, ancré dans la musique germanique, mais en affirmant une personnalité résolument hongroise, ce qui fera dire à Béla Bartók, le plus grand artiste musical hongrois du 20e siècle, ceci :

Vous pouvez résumer la musique hongroise en une seule personne, Dohnányi.

Bela Bartok

Venant d’un géant comme Bartók, le compliment avait de quoi fermer le clapet aux sceptiques qui ont continué de remettre en question la valeur de Dohnanyi.

Bien que les deux autres bijoux au programme ont été écrits alors que le compositeur était encore relativement jeune (28 et 41 ans), ils témoignent fortement de cette identité hongroise de l’art de Dohnanyi, mais toujours bien enraciné dans un langage typique du romantisme allemand.

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Le Quintette no 2, op. 26, nous entraîne dans un monde plus chromatique que le premier, c’est-à-dire que ses mélodies sont plus angulaires, teintées de mystère et d’une modernité qui annonce les dissonances du 20e siècle naissant. Il y a aussi quelque chose de presque oriental dans ces phrases ondoyantes, glissantes même, plus près du gitan que du Teuton. On le dirait plus nerveux et plus agité que le premier, ce qui s’explique bien par les références ci-haut mentionnées.

Le Quatuor à cordes no 2, op.15, se situe entre les deux, mais n’est pas avare non plus de traits caractéristiques et surtout d’une énergie vitale à laquelle on aime s’abreuver.

Il serait difficile de trouver interprètes plus aptes que Marc-André Hamelin et le Quatuor Takacs, chacun parmi les meilleurs de leur domaine respectif. Hamelin crée un trésor de foisonnement de couleurs et de scintillements, sur fond de paysage richement texturé, d’une magnifique profondeur, tel un espace insondable dans lequel on aurait envie de s’immerger totalement.

Un album tout simplement exceptionnel.

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