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Le chandail de hockey : jouer pour gagner

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François Lemay

Le chandail de hockey, ou Une abominable feuille d’érable sur la glace dans son titre original, est probablement un des contes les plus importants de l’histoire de notre littérature. Écrite par Roch Carrier et publiée en 1979, cette histoire comporte tous les ingrédients de base de la culture canadienne : du hockey, une allégorie des tensions linguistiques entre les Anglo-Canadiens et les Québécois, et une bonne dose de Maurice Richard, héros d’un peuple!

L’histoire, toute simple, est basée sur un fait vécu par son auteur, qui replonge dans son enfance dans un coin isolé du Québec, durant l’hiver 1946. Comme son chandail du Canadien est usé à la corde, sa maman écrit une lettre au grand magasin Eaton (elle refuse d’utiliser le bon de commande du catalogue, qui n’est imprimé qu’en anglais) pour en commander un nouveau. Horreur! C’est un chandail aux couleurs des Maple Leafs, éternels rivaux des Canadiens, qui est livré au jeune Roch, qui se voit obligé, honteux, de le porter sur la glace.

Adapté en dessin animé par l’Office national du film en 1980, le conte est devenu, au fil des ans, immensément populaire auprès des jeunes Canadiens.

Le chandail de hockey a aussi été adapté pour orchestre par la compositrice canadienne d’origine anglaise Abigail Richardson-Schulte et a été présenté pour la première fois il y a sept ans. La version proposée ici, celle de l’Orchestre philharmonique de Hamilton, est la plus connue et fait partie, depuis 2014, d’une tradition hivernale, au même titre que La soirée du hockey.

Inspirée par les musiques écrites pour le cinéma documentaire des années 40 et 50 avec, bien entendu, quelques soupçons d’airs entendus dans les arénas durant les matchs de hockey, Richardson-Schulte réussit à évoquer à la fois la naïveté d’une certaine époque et, surtout, celle de l’enfance. Nous avons affaire à une œuvre expressive, originale et, surtout, très en phase avec son sujet.

Ajoutons à ça une narration faite par l’auteur lui-même, et nous avons accès à une lecture rafraîchissante d’une histoire qui nous définit dans ce que nous sommes, autant sur le plan sociologique que identitaire. Et, c’est une très belle façon de passer le flambeau aux plus jeunes!