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Beethoven Complete Edition : découvrez une composition de Beethoven pour... Québec!

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En 2020, Beethoven fête ses 250 ans. La maison Naxos vient de faire paraître un gigantesque coffret de 90 cd qui comprend, semble-t-il, la moindre note qu'il ait écrite, dont quelques partitions inédites comme un canon écrit pour... la ville de Québec! Un immense coffret pour un immense compositeur. Nous vous en offrons quelques bribes.

CD 3, pl. 5 – Symphonie no 6, op. 68 « Pastorale » (1er mouvement)
Nicolaus Esterhazy Sinfonia, direction : Bela Drahos

La musique symphonique se trouve au cœur de l’œuvre de Beethoven et elle joue souvent un rôle essentiel dans la découverte du compositeur. Au fil des symphonies, l’auditeur ou l’auditrice est à même de retracer l’évolution du langage de Beethoven et de se laisser prendre par la force émotionnelle de cette musique héroïque. Dans le coffret Beethoven: Complete Edition, les symphonies sont particulièrement bien servies par l’orchestre Nicolaus Esterhazy et le chef Bela Drahos, dont les interprétations sont claires et dynamiques.

CD 11, pl. 1 – Concerto pour piano no 3, op. 37 (1er mouvement)
Stefan Vladar : piano, Capella Istropolitana, Barry Wordsworth : direction

La place fondamentale qu’occupent aujourd’hui, dans les salles de concert du monde entier, les cinq concertos pour piano de Beethoven cache le fait qu’à son époque, Beethoven arrivait à peine à compléter les parties d’orchestre dans les jours précédant le concert et que lors de ses premières exécutions, il improvisait souvent d’après un canevas rudimentaire. Dans ces œuvres, il prend appui sur l’héritage de Mozart (concertos 1 et 2) pour imposer une révolution dans le ton et dans l’ampleur du dialogue symphonique qui s’établit entre le piano et l’orchestre.

CD 20, pl. 2 – Sonate no 8, op. 13 « Pathétique » (2e mouvement)
Boris Giltburg : piano

Le piano s’est avéré le confident de Beethoven. Le jeune Beethoven s’est fait remarquer rapidement par la virtuosité et la fougue dont il faisait preuve au clavier. Le romantisme de ses improvisations dans les salons mondains amenait des larmes aux yeux de son auditoire et à la fin de sa vie, pour vivre un semblant d’impression sonore à travers son oppressante surdité, Beethoven plaçait dans sa bouche une baguette de bois qu’il posait sur le piano pour tenter de ressentir les vibrations par une sorte de transmission osseuse. Le coffret Naxos présente non seulement l’imposant corpus des 32 sonates mais la totalité des œuvres pour piano, en incluant les variations, les rondos, les bagatelles et toutes les pièces musicales isolées.

CD 49, pl. 1 – Quatuor no 7, op. 59, no 1 « Razoumovski » (1er mouvement)
Quatuor Kodaly

Le coffret Beethoven: Complete Edition nous permet de constater que la musique de chambre est le genre qui domine dans la production de Beethoven, et il est ici présenté dans toute son étendue, sonates pour piano et violon ou piano et violoncelle, trios à cordes, trios avec piano, quatuors à cordes, quintettes, etc. À titre hypothétique, on pourrait penser que c’est en songeant à l’univers du quatuor à cordes que Beethoven déclara un jour : « La musique est une révélation plus haute que toute sagesse et toute philosophie. » Se défiant des difficultés techniques – « Pensez-vous que je songe à vos misérables cordes de violon », dira-t-il à un ami violoniste –, Beethoven se concentre sur le message et sur des recherches formelles qui lui tiennent à cœur. Le groupe des quatuors est admirablement servi par les membres du Quatuor Kodaly.

CD 67, pl. 6 – Opéra « Fidelio », op. 72 (quatuor « Mir ist so wunderbar », acte 1)
Edith Lienbacher : soprano (Marzelline), Inga Nielsen : soprano (Leonore), Kurt Moll : basse (Rocco), Herwig Pecoraro : ténor (Jaquino), Nicolaus Esterhazy Sinfonia, Michael Halasz : direction

Le coffret Naxos nous présente également la musique chorale et vocale de Beethoven dans son intégralité. Avant Schubert et Schumann, Beethoven a été un grand maître de la mélodie pour voix et piano. Le fait de composer un opéra – Beethoven aurait rêvé d’en écrire plusieurs – revêtait une importance capitale pour lui. De Léonore ou l’amour conjugal au titre final de Fidelio, la composition de son unique opéra a occupé Beethoven pendant au moins 10 ans, à travers une multitude de révisions, de remaniements et même de recompositions (au moins quatre ouvertures différentes!).

CD 90, pl. 42 – Canon Freu dich des Lebens (Réjouis-toi de la vie!)
Cantus Novus Wien

Voici la pièce musicale de Beethoven pour la ville de Québec! En post-scriptum à notre sélection, voici un morceau miniature que Beethoven a accepté d’écrire en 1825 pour Théodore Molt, musicien allemand devenu professeur de musique à Québec. Dans l’ensemble de l’œuvre de Beethoven, ce petit canon constitue surtout une curiosité, mais la présence de ce clin d’œil de Beethoven à un compatriote expatrié témoigne de la complétude de ce grand coffret de 90 CD Naxos!

Par Marc-André Doran