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Mark Kingswood : entre Bublé et James Bond

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Frédéric Cardin

Le chanteur néo-montréalais d’origine britannique Mark Kingswood sort Strong, un album de chansons jazz largement influencées du grand style américain des Sinatra, Bennett et Nat King Cole, mais aussi du Canadien Michael Bublé, avec lequel Kingswood partage plusieurs similitudes.

Une production léchée, des cuivres rutilants, des cordes veloutées et des mélodies accrocheuses : les ingrédients d’un succès sont tous là, non? 

C’est en tout cas ce que Strong, premier opus du jeune Mark Kingswood, annonce d’emblée dès la première plage de l’album, éponyme et enveloppée d’une aura résolument et puissamment « jamesbondienne ». Exception faite de deux titres issus de la pop (Losing My Religion de R.E.M. et One More Time de George Michael), toutes les pièces sont des compositions de Kingswood ou de son acolyte Mark Niedzwiedz.

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Quand le jazz est là

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J’ai bien apprécié les très classy-swing Got a Thing for Swing, Mr. Birmingham et Make Someone Proud. La plus latino-fiévreuse Dancing On a Monday est également convaincante dans le genre vintage.

J’ai été moins séduit, par contre, par Shine On et Let’s Make a Memory, beaucoup plus pop contemporaines, et surtout anonymes. Dans le genre, les deux reprises de R.E.M. et de George Michael sont plus convaincantes, bien que pour certains aficionados du jazz, elles fassent un peu trop « Josh Groban ». 

Si vous pensez à Michael Bublé en entendant ce mariage de jazz swing big band plantureux et de pop contemporaine moelleuse, vous avez raison. D’ailleurs, Kingswood reconnaît la parenté et sait faire preuve d’autodérision lorsqu’il chante, dans Got a Thing for Swing :

« I’m not the coolest guy, and I ain’t got those Bublé eyes…  » (Je ne suis pas le gars le plus cool, et je n’ai pas les yeux de Bublé…)

C’est apprécié, parce toute tentative d’ignorer cette filiation, ou pire de la réfuter, serait vaine. C’est le premier nom qui viendra à l’esprit de toute personne écoutant l’album. 

Car en plus des arrangements et du genre musical, il y a la voix de Kingswood qui rappelle également celle de la vedette canadienne, mais en plus juvénile. Ça n’enlève rien, cela dit, à sa capacité de réaliser des incarnations très réussies de ce genre de musique où la personnalité attrayante de l’artiste est essentielle. Mark Kingswood est vraiment attachant, et son habileté à tisser des lignes mélodiques (quand il compose) parfois dignes d’Irving Berlin, de Cole Porter ou de John Barry (je pense ici tout de suite à la chanson-titre Strong) lui permet de retenir l’attention des mélomanes et de s’élever au-delà du pastiche.

Cela dit, s’il est certain que le jeune homme possède un talent et une affinité indéniables pour cette musique, il lui restera à trouver sa propre voie, et à devenir, un jour, plus que le Bublé britannico-montréalais. Mais il a le temps et, manifestement, le talent.

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