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Laurence Kayaleh joue Joachim Raff : les belles sonates d’un autodidacte têtu

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Frédéric Cardin

La violoniste Laurence Kayaleh et le pianiste Jean-Fabien Schneider nous font découvrir des sonates pour violon et piano d’un compositeur romantique allemand oublié, Joachim Raff, avec l’album Raff: Complete Violin Sonatas vol. 1, paru sous étiquette Naxos.

Sans être des révélations exceptionnelles, les sonates présentées sur cet album (nos 1 et 2) font preuve d’un très agréable sens de la ligne mélodique. La première, op. 73 en mi mineur, trahit une vivacité et une fièvre intérieure qui animaient le jeune compositeur de 32 ans qui l’a écrite. La deuxième, op. 78 en la majeur, est au contraire plus sereine et empreinte d’élégance, malgré l’animation lumineuse qui caractérise son mouvement final, le plus mémorable de l’album. Il s’agit là d’un morceau qui mérite assurément plus de place dans le répertoire habituel des interprètes de récitals contemporains.

Laurence Kayaleh s’investit manifestement avec conviction dans ce programme peu connu. Elle est bien soutenue par le pianiste Jean-Fabien Schneider. Les deux artistes de Montréal amorcent ici une intégrale des sonates de Raff, qui se poursuit avec un deuxième volume, sous étiquette Naxos également.

Joachim Raff : un compositeur têtu qui ouvre les portes de la découverte

Raff (1822-1882) est un personnage curieux. Alors que tant d’artistes ont subi la mauvaise volonté de parents (souvent le père à cette époque) qui les destinait à un métier plus rémunérateur que créatif, Raff, lui, a refusé la volonté paternelle qui lui conseillait de devenir musicien! Il a préféré l’enseignement, un temps du moins. Mais l’appel de la musique, que son paternel avait senti en lui, a fini par l’emporter.

Ce qui n’a pas empêché le jeune homme de faire un pied de nez aux autorités en décidant d’apprendre par lui-même ce qu’il devait savoir sans passer par une grande école. Il a envoyé des partitions à Mendelssohn, qui l’a félicité, puis est devenu secrétaire personnel de Franz Liszt, ce qui lui a permis d’apprendre en l’observant!

Mais la forte personnalité de Raff a fini par lui faire rompre ses liens d’amitié avec son aîné. Le jeune homme souhaitait maintenir une ligne esthétique personnelle, quelque part entre le romantisme devenu à cette époque « conservateur » de Schumann et Mendelssohn et le romantisme moderne et avant-gardiste de Liszt et Wagner.

Il a accédé au titre de meilleur symphoniste d’Allemagne. (Il a écrit, entre autres, sa propre version des « quatre saisons », qu’on connaît bien de la plume de Vivaldi, mais sous forme de quatre symphonies dans son cas! À découvrir.) Il a été très prolifique, avec de nombreuses symphonies, des opéras, des concertos, des oratorios, de la musique de chambre et beaucoup de musique pour piano.

Un répertoire largement inédit à explorer pour les curieux et curieuses de musique classique hors des sentiers battus!

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