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Alexandre da Costa revisite ses classiques

L'écoute se termine aujourd'hui

Par
Frédéric Cardin
Le violoniste propose Stradivarius BaROCK, un album dans la veine des « Reworks » (révision, transformation) d’œuvres classiques bien connues, très populaires en ce moment, et qui s’inscrivent elles-mêmes dans une lignée que l’on peut remonter loin dans le passé. Avec lui pour cette aventure, entre autres : Bruno Pelletier, Mario Pelchat, Gregory Charles et La Bronze.

L’été de Vivaldi façon hard rock, l’Adagio d’Albinoni qui rappelle le groupe Era du début des années 1990 (pseudo-grégorien pop), une Toccate et fugue en ré mineur de Bach en version boogie, le fameux Sur un Prélude de Bach de Maurane en mode velouté, un brin jazzy, avec Mario Pelchat... bref, vous comprenez l’idée. Le tout appuyé du ténor bien senti de Bruno Pelletier ici et là.

La production puissamment enrobée nous donne aussi à entendre des rythmes qui défoncent et des guitares électriques qui déchirent. Ça vire parfois à la surenchère, alors tenez-le-vous pour dit.

Comme dans un buffet aux propositions variées qui s’arrachent l’une et l’autre notre intérêt et notre attention, j’ai mes préférences dans cet ensemble coloré : La Passion selon La Bronze, basé sur un extrait de la profondément touchante Cantate no 82 (Ich habe genug) de Bach. Nadia Essadiqi (de son nom de scène La Bronze) a écrit un texte à l’avenant empreint de tendresse (qu’elle chante aussi) sur l’histoire d’un couple qui se rencontre dans les ruines d’une guerre (Syrie? Afghanistan? Afrique? Ukraine? Rien ne le précise, et c’est la beauté de la chose), puis s’envole vers le ciel, loin de l’horreur et uni dans la beauté de l’amour. 

La Toccate et boogie (basée sur la célèbre Toccate et fugue en ré mineur de Bach) est particulièrement réussie dans cette transformation jazzy où Da Costa est accompagné par l’impeccable trio de Taurey Butler au piano, Éric Lagacé à la contrebasse et Wali Muhammad à la batterie.

Mention spéciale à Hard Summer, l’été de Vivaldi aux accents métal, qui m’a laissé un peu pantois lors de ma première écoute, mais qui m’apparaît désormais franchement amusant (et surtout très concis).

Quelles seront les vôtres?

Bon jeu d’écoute! 

La tradition du Reworks


Depuis quelques années s’est installée la formule des Reworks (orthographié aussi Re:works), ou dans d’autres cas Recomposed. Le plus célèbre de ces avatars musicaux est le Recomposed by Max Richter : Vivaldi, the Four Seasons, qui a enflammé le net et allumé des millions de nouveaux auditeurs à la musique classique. Il y a aussi le pianiste Víkingur Ólafsson et son Bach Reworks qui sont dignes de mention.

Cela dit, rien là-dedans n’est bien nouveau, avant ça il y a eu Wendy Carlos et son Bach synthétisé, Jacques Loussier et ses classiques swingués en trio jazz, Emerson, Lake and Palmer et ses fresques classico-rock à l’ampleur stratosphérique, etc.

Plus loin encore rappelons qu’au 19e siècle, Franz Liszt avait l’habitude de transcrire les symphonies de Beethoven au piano, et de nombreux compositeurs s’amusaient à fabriquer des arrangements pour violon ou autre instrument virtuose d’airs célèbres d’opéra. Avant lui, Mozart et Beethoven improvisaient allègrement sur d’autres pièces classiques existantes.

Bien entendu, l’intérêt et le succès de ses manipulations esthétiques ne sont pas toujours égaux, mais avant de condamner le principe de la chose, souvenez-vous de cette longue et riche histoire!

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