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Angèle Dubeau et La Pieta : hypnotiques Pulsations

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Frédéric Cardin

La violoniste Angèle Dubeau sort un nouvel album, Pulsations, avec son ensemble La Pieta : des pièces contemporaines grand public de Max Richter, de Ludovico Einaudi, de Johann Johannsson, d’Olafur Arnalds, de Craig Armstrong et de plusieurs autres. Le disque évoque une musique aux atours instrumentaux riches et dignes de la musique classique, une expression dramatique rappelant la musique de film, et des plaisirs immédiats comme ceux d’une bonne chanson pop.

Une émotion, une ligne mélodique et un espace harmonique, c’est la recette ultra payante de cette musique post-minimaliste, néo-tonale ou classique-pop (que certains nomment aussi néo-classique, ce qui est une erreur, mais bon, ceci est un autre dossier)...

C’est le son de ce début de 21e siècle. Au cinéma, à la télévision, sur les réseaux sociaux et de plus en plus dans les salles de concert, nous l’entendons partout autour de nous. 

La pulsation et la répétition de formules mélodiques simples soutiennent une harmonie essentiellement mineure qui plonge l’auditeur dans une sorte de douce mélancolie hypnotique, ou parfois, dans le cas de pièces plus énergiques, dans une transe effrénée.

Les compositeurs (et une compositrice) choisis ont des racines soit pop (Olafur Arnalds, Craig Armstrong, Yann Tiersen, Johann Johannsson), soit classiques (Peter Gregson, violoncelliste; Abel Korzeniowski, qui a étudié avec Penderecki; Einaudi et Max Richter). Toutefois, ils ont en commun de sauter la clôture qui sépare ces genres musicaux, et de se rencontrer souvent au cinéma, à la télévision ou dans des studios de musiques conçues pour des publicités.

Musique classique d’aujourd’hui ou pop instrumentale? Poser la question, c’est évoquer le flou qui entoure tout un pan de la création musicale contemporaine. 

Angèle Dubeau et La Pieta ont une affinité non feinte pour ces partitions, ce qui est essentiel pour insuffler un peu d’âme à des pièces qui, autrement, peuvent facilement devenir redondantes, tellement la technique requise est aisée et les espaces d’investissement créatif sont limités pour des musiciennes de si haut niveau.

Le résultat est très agréable, c'est une musique qui fait vraiment du bien, qui calme et focalise l'attention de façon presque yogique, et l’on se laisse prendre pour autant que l’on ne soit pas excessivement exigeant en ce qui a trait à la complexité musicale, bien que je me demande si l’on écoutera avec la même réceptivité cette musique dans 20 ou 30 ans. 

On peut penser que oui, ne serait-ce que par curiosité historique, car cette couleur sonore très spécifique a quelque chose de très actuel, de très contemporain. Qu'on le veuille ou non, cette musique marque notre époque, correspond à une sensibilité bien circonscrite dans le temps, notre temps. Elle répond aussi, peut-être, à un besoin. Lequel? Pourquoi? Ce sera aux musicologues de répondre à ces questions dans le futur. On s’en reparlera à ce moment.

Cela dit, Pulsations est indispensable pour ceux et celles qui ont aimé les albums Ludovico Einaudi – Portrait et Max Richter – Portrait.

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