Chargement en cours

avec   ·   par
avec   ·   par
En chargement...
Erreur de chargement.

Émile Bilodeau, Grandeur mature : chansons pour se rassembler et chanter nos rêves

L'écoute est terminée

Par
François Marchesseault

La bien drôle (et tout aussi sérieuse) de bibitte Émile Bilodeau est de retour. Trois ans après son album Rites de passage et plus de 350 spectacles plus tard, voilà qu’Émile nous arrive avec Grandeur mature, son fort attendu deuxième album. Il est toujours armé de sa fougue, de son énergie débordante, de son humour, de sa sensibilité ainsi que de sa voix parfois inégale, mais si efficace pour nous balancer nos quatre vérités. Ça rock, souvent, ça berce, parfois. Avec toute la force poétique du joual, le jeune auteur-compositeur-interprète de 23 ans propose à nouveau de se regarder dans le miroir si l’on souhaite un tant soit peu se projeter dans l’avenir.

Le français pour rallier toutes les générations

Quiconque a vu Émile Bilodeau en spectacle le sait : une salle de spectacle, une foule, c’est son terrain de jeux. Le voir dans son élément est un moment enivrant et joyeusement mémorable. Ma première rencontre avec son audace et son aisance à prendre possession d’une scène remonte aux Francofolies de Montréal en 2015. Je me souviens de ma stupéfaction à voir débarquer des dizaines de jeunes sous le chapiteau où se déroulait le spectacle. C’était avant la sortie de Rites de passage, Émile n’avait probablement que 18 ans, et déjà ça chantait haut et fort ses chansons… en français, merci. En chanson, l’arrivée d’un phénomène au talent aussi grand, capable de rallier toutes les générations et de les faire chanter en même temps, c’est rare. Émile est de ceux-là. À l’écoute de ses 14 nouvelles pièces, rien n’indique que ça va changer.

« S’excuser de vivre en français, c’est comme demander j’peux-tu respirer, là, svp? / Mais jamais nous nous mettrons à genoux / whatever you tell us to do / Jamais nous nous mettrons à genoux / whatever you tell us to do » – extrait de la pièce Candy

Grandeur mature a le même côté folk déjanté que l’on trouvait sur le premier disque de l’artiste. Dans l’ensemble, c’est une suite logique à Rites de passage, rien de dépaysant musicalement. Le talentueux Philippe B est de retour à la réalisation. Quelques collaborateurs, comme Jérôme Dupuis-Cloutier (trompette), Guillaume Bourque (clarinette, saxophone) et Renaud Gratton (trombone), reviennent pour quelques pièces, dont J’ai vu la France : pièce engagée, saprément bien orchestrée, sur cette nation à nommer, à se donner et qui provoque le mal du pays lorsque l’on s’en éloigne.

Grandeur mature, mes trois pièces favorites :

  • Ton nom
  • Candy
  • J’ai vu la France

Plaisir, émotions et réflexions

Caroline Savoie et Klô Pelgag ajoutent leur voix respectivement à Candy et à Freddy Mercury. Cette dernière est un hymne splendide à la différence et à l’acceptation de soi et de l’autre. En spectacle, Émile l’avait cassée, seul au piano, dans une version à la fois drôle et émouvante à pleurer. C’est ça aussi, la grande force d’Émile Bilodeau : sa capacité à faire sourire, réfléchir et pleurer. Dans Colin, une pièce musicalement dépouillée, où le joint à l’accordéon le génial Luzio Altobelli (La fanfare Pourpour, René Lussier quintette, musique du spectacle Espièglerie, de Jamie Adkins), il rend un touchant hommage à son frère, à l’amitié et à la complicité fraternelle. En voilà une autre qui devrait arriver à nous tirer quelques larmes.

Puis, sur plusieurs titres (Ton nom, Robin des bois, Confessionnal), c’est son franc-parler si rafraîchissant dans le paysage de la chanson que l’on retrouve, avec plaisir. Dans l’abondance de nouveautés musicales qui nous arrivent, je me pose parfois cette question : « pourquoi et pour qui chante-t-on encore aujourd’hui? » Chez Émile, c’est clair. On chante pour toutes les générations, pour raconter sa vision de l’amitié, de la fraternité et du monde avec tous ses petits et grands travers. Son amour du mont Royal et celui encore plus grand de son Québec. Chose trop rare, il chante pour que l’on se questionne sur des sujets aussi fondamentaux que le capitalisme sauvage et tous ces distributeurs de bonbons, corrompus jusqu’à la moelle, comme en était capable son idole, Dédé Fortin.

Émile Bilodeau, en Grandeur mature : rassembleur éveillé, émerveillé, cynique et optimiste qui dégaine ses mots tel un Robin des bois du verbe. Il ne vole rien à personne, Émile, mais il donne sans compter, à ce grand nous à faire... et à refaire.

« Chu raqué des oreilles aux orteils / J’ai salué le soleil / Pis un jour, il va nous exploser d’ssus / Son bonjour, on va l’avoir dans l’cul / Pis moi, je crois pas / Que l’yoga va arranger ça » – Extrait de la pièce Yoga

Pour aller chanter avec lui :

10 octobre : Le Zaricot, Saint-Hyacinthe
18 octobre : Espace Théâtre Muni-Spec, Mont-Laurier
1er et 2 novembre : Magasin général Le Brun, Maskinongé
7 novembre : Complexe culturel Félix-Leclerc, La Tuque
8 novembre : microbrasserie Les grands bois, St-Casimir
15 novembre : Lounge Jackalope, Mont-Tremblant
23 novembre : L’Entrepôt de Lachine, Montréal

Pour toutes les dates, visitez le site web d'Émile Bilodeau.


Découvrez d’autres albums offerts pour écoute sur notre site.

Écoutez notre webradio :

Folk actuel

Du folk contemporain mur à mur, voilà ce qui vous attend ici. De la guitare et des voix portées par des rythmes festifs ou encore des ballades mélancoliques : une sélection de folk actuel, bien attachée aux racines nord-américaines du genre.

Richard Séguin, Chloé Sainte-Marie, Tire le coyote, Chantal Archambault, Fred Pellerin, Les sœurs Boulay, Alexandre Belliard, Laurence Hélie, etc.

Cette liste d'écoute aléatoire et gratuite a été préparée avec soin par notre équipe.