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Thomas Fersen : tout ce qu’il lui reste, c’est son slip!

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Par
Ariane Cipriani

Le conteur au pas léger revient avec sa peau de lapin sur la tête et une petite merveille sous le bras : un douzième album porté par de très belles orchestrations acoustiques, où s’entrecroisent des histoires d’adolescent et d’amour ainsi que quelques animaux, évidemment.

L’auteur-compositeur de 56 ans, lui-même un personnage théâtral sans pareil, nous emmène sur de nouveaux sentiers grâce à son imaginaire toujours fertile, au service d’un verbe aussi brillant que farfelu.

Pour ce nouveau disque, Thomas Fersen troque le quatuor à cordes du précédent Un coup de queue de vache contre d’autres sonorités acoustiques, dont celle du ukulélé, du sitar et surtout du banjo. L’instrumentation, agrémentée de claviers et utilisée avec beaucoup de sobriété, ajoute à la magie de son univers onirique et de sa maîtrise de la rime.

Les animaux, les vieilles et les eaux troubles

Cette promenade au pays de Fersen promet un beau moment de rêverie de même que des rencontres inusitées. Qui d’autre débuterait son disque avec une déclaration d’amour aux vieilles (à part Les Trois Accords et leur succès J’aime ta grand-mère)? Ou alors, imaginerait un combat entre King Kong et T-Rex au Grand Rex?

Avec sa dérision habituelle et un brin de nonchalance, le non-conformiste déclare dans son premier extrait que tout ce qu’il lui reste, c’est son slip! Et que les zombies du cimetière qui le poursuivent ne retrouvent pas leur trou. Hilarant, pour les petits et les grands! Et personne n’avait fait rimer « tomate » et « automate » depuis Luc Plamondon.

Parlant d’humour, ça en prend pour titrer une chanson Mange mes poux. Un titre repoussant pour une chansonnette enfantine aux couleurs cajuns, où il est encore question de singes. Puis il y a l’adolescent de Mes parents sont pas là, qui profite de l’absence de ses parents pour inviter une copine d’école, avec l’excuse de l’aider en mathématiques. Mais derrière les airs guillerets et les rythmes sautillants, tant de tendresse.

Dans Le vrai problème, le poète fantaisiste nous raconte avec désinvolture son histoire d’amour bousillée avec une milliardaire (L’inconvénient, c’est sa fortune / Elle veut tout l’temps payer l’restau / Pour moi qui n’ai jamais une thune / Qui met toujours le même manteau).

C'est tout ce qu’il me reste pourrait aussi tirer une larme à certaines personnes, car Fersen ose une magnifique chanson – presque funeste – de plus de 10 minutes, La mare. Il y raconte, de son bain, les eaux troubles dans lesquelles sa mère avait si peur qu’il sombre. Autre douceur, en plus léger : Envie de ne rien faire, un petit détour en campagne par une chaude journée d’été; un bel éloge de la paresse.

Souris, poissons, lapins… ses éternels complices animaliers sont présents tout au long du disque. Au fond, ils sont là pour évoquer avec légèreté la condition humaine et l’absurdité de l’existence.

Depuis Le bal des oiseaux, reçu comme un bouquet de printemps en 1993, l’auteur-compositeur à l’allure négligée a su baliser son propre sentier de scénarios désinvoltes et ludiques, le tout en faisant fi des modes. Surtout, ne pas nous casser la tête, et encore moins casser nos oreilles, avec du larmoyant. Vingt-six ans et moult aventures plus tard (et une médaille de vermeil de l’Académie française), l’éternel adulescent a toujours cette qualité rare : être inimitable.

Nouvelle chanson française

Cette webradio met en vedette les artistes de la nouvelle chanson française, ceux et celles qui ont donné et donnent encore un souffle nouveau à la chanson d'après Bécaud, Brassens et Gainsbourg. Des années 90 à aujourd'hui, d'Arthur H à Eddy de Pretto, vous passerez de la découverte aux souvenirs.

La Grande Sophie, Thomas Fersen, Christine and the Queens, Fauve, Zaz, Gaëtan Roussel, Fishbach, Vianney, etc.

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