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Les Louanges présente Expansion Pack (EP) : un chassé-croisé musical et sentimental

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Par
Claudia Beaumont

Il y a un an, Les Louanges lançait son premier disque complet, La nuit est une panthère, et amorçait sans le savoir une folle ascension sur la scène musicale francophone : chouchou des palmarès de fin d’année, Révélation Radio-Canada en chanson, prix Rapsat-Lelièvre, prix Félix-Leclerc et neuf nominations aux prochains Galas de l’ADISQ. Ouf! Comment le principal intéressé compose-t-il maintenant avec tant d’attention? Quelques éléments de réponse se trouvent dans ce microalbum fécond, qui envoie les angoisses se planquer sous des musiques foisonnantes d’idées.

Vidéoclip : Attends-moi pas


À la fin août nous est arrivé le premier extrait de cet Expansion Pack, Attends-moi pas. Musicalement, rien de dépaysant : toujours cette guitare langoureuse, néo soul, et ces nappes de synthés brumeuses, comme si on flottait au-dessus d’une grande ville un jour de canicule. Le propos, lui, est nouveau; Attends-moi pas relate la vie de tournée des derniers mois (Work, work, work / Nos culs sur la route) à la lumière de sentiments confus. Un vidéoclip-documentaire l’accompagne, montrant l’artiste en mouvement constant, sur scène ou entre ses spectacles.

Accueillir les bleus, les chasser par le groove

Le changement, depuis l’album génial d’il y a un an, se situe donc dans l’état d’esprit général qui se dégage de ces cinq nouveaux titres, enregistrés pour la plupart au studio 12 de la Maison de Radio-Canada.

Tentons un mot : mélancolie. C’est comme si les bleus clairement exposés dans Attends-moi pas teintaient la suite d’une certaine lourdeur, voire d’une densité, sans pour autant les condamner au répertoire des chansons tire-larmes.

Au contraire, Parc Ex et Les yeux sur la balle (avec la collaboration de Robert Nelson) démontrent que l’enrobage musical, surtout quand il s’adresse si bien au corps, peut détourner notre attention de l’intention du texte. Des rythmes lancinants, un saxophone jazzé et une subtile flûte onirique dessinent ici un décor apaisant où l’abandon s’impose.

Drumz, cependant, nous extirpe inopinément de ce décor avec son hip-hop tapageur. Un petit côté agressif qu’on ne connaissait pas à Les Louanges, mais qui ne détonne pas, se dévoile sans retenue aux côtés de l’excellent rappeur Maky Lavender. Et comme si nous n’étions pas assez surpris, arrive ensuite cette chanson bizarre suintant les excès de toutes sortes : Arbois.

Les nombreuses influences musicales (pop, R’n’B, jazz, hip-hop, rock, chillwave) des Louanges cohabitent encore admirablement dans son univers, où le groove nonchalant remplace les vitamines pour l’humeur. Tout ça se tient et commence à prendre du volume.

À venir pour Les Louanges : des concerts jusqu’en 2020 au Québec et une tournée en Belgique et en France à compter de novembre.