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Nikamu Mamuitun : chansons-dialogues dans des langues de chez nous

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Claudia Beaumont

Rares sont les chansons qui parviennent à toucher le cœur dans une langue qu’il ne connaît pas. Qu’elles lui semblent si familières et lointaines à la fois, cela relève de l’acte de magie ou de grande humanité. Notre dernière expérience du genre remonte à l’album Mishta Meshkenu, de Florent Vollant, et ceci expliquant cela, il intervient sur Nikamu Mamuitun : chansons rassembleuses à titre de mentor, dans le but de capturer l’essence de ces rencontres uniques entre artistes autochtones et allochtones. Ainsi, Matiu, Cédrik St-Onge, Karen Pinette-Fontaine, Chloé Lacasse, Scott-Pien Picard, Marcie, Ivan Boivin et Joëlle Saint-Pierre étaient entre bonnes mains.

Passant de l’innu au français et à l’attikamek, Nikamu Mamuitun : chansons rassembleuses illustre à merveille la force d’une guitare et d’une plume sensible, pour que les langues se délient et les voix s’unissent naturellement. 

Ensemble, on est plus forts

Rien de tout cela n’aurait vu le jour sans Alan Côté, directeur général et artistique du Festival en chanson de Petite-Vallée. Les chansons rassembleuses, c’était son idée, puis elle a fait son chemin jusqu’à Florent Vollant, dont les séances de mentorat et l’inestimable sagesse s’avéraient essentielles dans ce contexte particulier de la coécriture en trois langues.

De là est né un partenariat entre les entités festivalières de ces créateurs, afin de soutenir la mise en œuvre de cet enregistrement : le Festival en chansons de Petite-Vallée et le Festival Innu Nikamu. 

D’autres artistes se sont joints à l’aventure, dont l’autrice innue Naomi Fontaine et le slameur Ivy lors des premiers jours d’écriture; Marc Déry a animé deux résidences de création, en plus de prendre la basse pour quelques titres; Réjean Bouchard et Kim Fontaine (du groupe Maten) ont assuré la réalisation de l’album, alors que Guillaume Arsenault s'est retrouvé à la codirection artistique. En bon explorateur du son, on devine qu’il s’est amusé à ouvrir les horizons de ce country-folk bien campé dans les Appalaches.

Des voix nouvelles

En outre, cet exercice favorise la découverte de nouvelles voix, comme celle de Karen Pinette-Fontaine, une musicienne et réalisatrice innue de Mani-Utenam. Son timbre velouté apaise tout autant qu’il bouleverse, en particulier sur Tshishnemetnau, où elle exprime le profond désarroi de ne pas comprendre la langue de ses origines.

« Quand quelqu’un me parle dans la langue du froid / Dans le silence, j’entends que je le déçois »

- Karen Pinette-Fontaine / Joëlle Saint-Pierre

Plusieurs chansons mettent de l’avant l’harmonie des voix, symbolisant ainsi les possibles dialogues, même en l’absence de repères linguistiques. La chanson Tout un village en est la plus parfaite illustration, avec en toile de fond les thèmes universels de la famille et de la solitude, qui résonnent en nous tous.