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Trèdou de Vendou : rap douceur et désenchantement mélodieux

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Par
Claudia Beaumont

Des rappeurs avec qui l’on irait manger une crème glacée, il n’y en a pas tant. Pourtant, pour peu qu’on s’attarde à ses mélodies légèrement sucrées, à son flow (débit) nonchalant et ses élucubrations estivales, Vendou nous paraît d’emblée le parfait allié pour se détendre au bar laitier. Avec Trèdou, son troisième microalbum en un peu plus d’un an, le rappeur, également membre de « l’équipe de rap » L’Amalgame, se réclame de l’école de la douceur et du bien-être, sans pour autant sortir complètement de sa réalité désenchantée.

Ralentir le tempo pour être bien dans sa peau

Produit par des membres du collectif montréalais La Fourmilière, dont FouKi, Rousseau (La Fourmilière), et Oclaz (LaF), l’opus s’éloigne de l’univers sémantique du rap contemporain tout en demeurant autoréférentiel. Alors que les chansons se déclament à la première personne, le « je » s’adonne davantage à l’acte réflexif (quoi qu’un peu naïf) avec une volonté évidente de connecter gentiment avec l’auditoire, plutôt que de le provoquer en flirtant avec l’arrogance intentionnelle des rappeurs de l’heure.

D’une certaine manière, Vendou fait preuve d’originalité en contournant les carcans suivistes du hip-hop, voulant qu’on y traite de drogue, d’argent, de sexe, de violence, bref, tous ces mots qui évoquent les problèmes dans le monde, et qui interagissent avec des rythmes lourds et des mélodies effacées. 

Or, on ne peut pas non plus affirmer que Trèdou constitue une réelle contre-proposition aux tendances de la scène hip-hop. Si Petit petit (moment doux) fait montre d’un enthousiasme désinvolte quant aux effets positifs du lâcher-prise, suivi de Jour de pluie, qui se vautre allègrement dans une pop-rap mélodique, Omagawd et Passidou renouent avec un trap pas très doux, façon Vendou. Le clavier et la basse rebelles soutiennent de fait, avec vigueur, la prise de conscience de l’auteur qui révèle un certain mal-être.

Dort Boy (avec la collaboration des rappeurs John Ouain, de L’Amalgame, et Bkay, de LaF) abandonne carrément le lexique pop guimauve des premières chansons pour un discours lucide sur la confusion et la perte de repères. Puis, voilà que le chant de sirène de Michaëlle Richer arrive à la rescousse sur son Vélo soul! On l’accompagnerait volontiers les yeux fermés, tant le moment est doux.

Trois lancements sont prévus pour Trèdou : d’abord le 5 septembre au festival OUMF à Montréal, le 11 septembre au spectacle de la rentrée de l’Université Laval à Québec, puis le 13 septembre au Théâtre Granada de Sherbrooke.

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