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Friday de Monkey House : jazz-pop pour tous les jours de la semaine

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Par
Nathan LeLièvre

Il y a de ces maîtres de la musique qui réussissent à créer des métissages si astucieux qu’ils deviennent difficiles à définir. C’est le cas du nouvel opus de Monkey House, le groupe du pianiste et chanteur Don Breithaupt (de Sault-Ste-Marie en Ontario), dont la feuille de route s’étend sur plus d’un quart de siècle. Si l’on devait s’essayer à le décrire, toutefois, on pourrait avancer que l’ensemble nous propose un mélange complexe de pop et de jazz aux accents tantôt funk, tantôt soul, tantôt blues, tantôt easy listening. Ça peut paraître éparpillé à première vue, mais soyez assurés : tout est bien calculé.

Si l’instrumentation de Friday vous rappelle par-ci par-là la texture de l’album Breakin’ Away d’Al Jarreau (1981), vous n’êtes pas seuls. Même chose si vous avez pensé à The Song Lives On de Joe Sample et Lalah Hathaway (1999). Y voyez-vous un soupçon d’émulation de Herbie Hancock, notamment sur The Jazz Life (qui bénéficie de la présence du Manhattan Transfer aux chœurs plutôt que d’un vocoder)? Moi aussi! De son propre aveu, le groupe s’est inspiré de The Police et de XTC. En somme, Breithaupt et sa Monkey House sont de la trempe des grands, puisque non seulement en sent-on l’influence, mais ils peuvent se mesurer à eux sans gêne.

Si le jazz est de qualité, il ne faut pas négliger pour autant les pièces plus pop et légères dont la nature est entièrement assumée. Shotgun et particulièrement Say It for the Last Time s’écoutent comme du bon adulte contemporain; les cuivres et le piano s’éclipsent au second rang et cèdent l’avant-scène aux guitares et aux harmonies vocales. Monkey House peut se vanter de maîtriser une multitude d’univers musicaux.

Breithaupt, grand maître d’œuvre

Don Breithaupt explique avoir commencé à composer les pièces tout de suite après la parution de Left, l’album précédent, sorti en 2016. « Quand on lance de la musique toute nouvelle dans l’univers, ça crée un vide qui ne peut être comblé qu’en écrivant d’autre musique », explique-t-il dans la pochette de l’album. Il dit avoir composé en solo, pour la plupart, dans l’optique d’assurer une uniformité dans la composition. La sélection finale s’est faite parmi une quarantaine de morceaux. Le tout est créatif et sophistiqué. En plus de piloter Monkey House, Don Breithaupt peut aussi se targuer d’en être le claviériste (piano, orgue, synthétiseur) et le chanteur principal; sa voix, très belle, gagnerait à jouer davantage dans les nuances, mais autrement, elle est irréprochable.

En somme, peu importe le jour de la semaine où on l’écoute, Friday est un peu comme le vendredi pour bien des gens : un bonheur qu’il nous tarde de voir venir et que nous revivons avec plaisir chaque fois.

Branché

C'est la webradio des avant-gardistes qui aiment transgresser les règles. Dans cette webradio jazz qui oscille entre un son électro et un swing effervescent, vous entendrez – ô, sacrilège! – quelques bribes de voix. Mais il s'agit bien d'une webradio instrumentale, car, ici, la voix n'est pas à l'avant-plan, elle est un instrument parmi tant d'autres. Elle se fait discrète le temps d'une onomatopée entre deux envolées de saxophones ou elle se fond parmi les sons synthétiques ambiants. La musique idéale pour un 5 à 7 entre rebelles chics.

St Germain, Herbie Hancock, Dr Drak, De-Phazz, Andre Ceccarelli, Thievery Corporation, Cory Weeds, Bonobo, The Juju Orchestra, etc.

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