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Angela Hewitt : l’encyclopédiste du piano

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Frédéric Cardin

La pianiste canadienne Angela Hewitt poursuit la construction de son intégrale des sonates pour piano de Beethoven, amorcée en 2005, avec un nouvel opus, Beethoven : Sonates pour piano (vol. 8) : Sonates nos 1, 10, 21, « Waldstein » et 22 sous étiquette Hyperion.

Si l’on enseigne un jour à une intelligence artificielle à jouer du piano classique, c’est probablement avec les enregistrements d’Angela Hewitt qu’on lui apprendra. Cela peut paraître très négatif comme commentaire. Mais en vérité, moins que vous le pensez. Lisez tout le texte qui suit, et vous comprendrez.

Il est difficile de trouver quelque défaut technique ou d’interprétation dans le jeu de Hewitt. Il est tout aussi difficile d’y trouver une véritable originalité dans le jeu et l’approche. Le Beethoven de Hewitt est parfaitement équilibré, juste ce qu’il faut de fidèle aux partitions et à leurs indications. Hewitt, professeure elle-même, a probablement à cœur de rendre cette musique non seulement intelligible pour tous, mais aussi d’en faire une référence solide pour les pianistes du futur qui pourront s’attarder à ses enregistrements pour avoir une idée de « comment ce doit être joué », en espérant, cela dit, qu’ils sauront s’en éloigner pour insuffler une nouvelle vie et une vibrante originalité à ces morceaux.

On se couche moins niaiseux ce soir

À propos de la sonate Waldstein :

Le comte Waldstein a soutenu financièrement Beethoven dans sa jeunesse. Malheureusement, il entretenait également une haine féroce contre Napoléon et a dilapidé toute sa fortune (et celle de sa femme!) pour financer la lutte contre l’empereur. Au moment où Beethoven écrivait sa Sonate en do majeur, op. 53, Waldstein vivait incognito à Vienne, pitoyablement déguisé afin de fuir ses créanciers. La dédicace que Beethoven a ajoutée au titre de sa sonate était un geste de gratitude envers son ancien mécène, désormais bien diminué par les aléas de la vie.

Angela Hewitt est une sorte d’encyclopédiste du piano. Elle parcourt certains grands corpus (Bach, pour lequel elle est particulièrement reconnue, mais aussi Chopin, Ravel, Couperin et Beethoven, en cours) avec la régularité, l’attention et la rigueur d’un Diderot sillonnant sa bibliothèque.

Cette attitude pointe vers l’académisme, mais dans le cas de la pianiste d’Ottawa, elle s’avère parfaitement sincère et parfois touchante. C’est pourquoi, même si nous préférons notre Beethoven (ou Bach, ou Mozart, etc.) plus ceci ou moins cela, il y aura finalement une place pour les interprétations indiscutablement pondérées d’Angela Hewitt dans toute discothèque qui se respecte.

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