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Homebound, du Jim Doxas Quartet : oreilles musclées seront récompensées

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Frédéric Cardin

Le batteur montréalais Jim Doxas sort un premier album avec son quartette : Homebound. Un opus no 1 (2e album au total sous son nom avec Blind Leap, en trio) placé sous le signe de sa propre plume musicale, car la majorité des pièces sont de lui. Et la personnalité qui s’en dégage apporte un vent de fraîcheur dans le paysage du jazz contemporain d’ici.

L’évidence apparaît dès les premières minutes d’écoute : dans le monde du jazz contemporain québécois (lui-même une entité distincte du reste du jazz moderne canadien), la musique de Jim Doxas et de Homebound se distingue fortement.

Doxas puise dans le terroir de l’impro brute, presque purement instinctive, en symbiose heureuse et affirmée avec l’esprit du genre et ses grands maîtres, Coltrane (John) et Ornette (Coleman), pour ne nommer que les principaux piliers du temple de la liberté musicale.

C’est ainsi, à mon avis, que Doxas et son ensemble offrent avec Homebound une sortie bienvenue et surtout différente du jazz moderne québécois dont nous avons l’habitude depuis une quinzaine ou une vingtaine d’années. En effet, depuis une génération ou presque, le jazz d’ici oscille entre consonance parfois modale et chromatisme, entre mélodisme limpide et explorations discursives bien organisées. Un jazz fortement scénarisé, presque écrit, ce qui n’est pas un reproche, tant s’en faut!

J’aime ce jazz, mais comme toute chose répétée abondamment, la différence, lorsqu’elle se manifeste, agit comme une sorte de stimulant à la fois intellectuel et affectif. Homebound, du Jim Doxas Quartet, nous offre cette différence, une option de haute stature qui s’enracine résolument dans l’instinct primaire et élémentaire de l’improvisation musicale.

Qui plus est, ce quartette peut déjà être placé au sommet de la hiérarchie jazz canadienne. En effet, constatez par vous-même : Doxas est aux côtés de Lex French à la trompette, Al McLean au saxophone, Adrian Vedady à la contrebasse, et même le frérot Chet vient faire un tour avec sa clarinette ici et là.

Si vous connaissez déjà ces noms, vous savez qu’on touche à l’Olympe de la scène montréalaise (et canadienne) du jazz. Sinon, dites-vous que ces gars sont des légendes vivantes, la crème de la crème quoi.

Cela dit, celui ou celle qui attend du velours moelleux genre apéro cajoleur devra passer son tour. Homebound est exigeant et a besoin d’oreilles relativement musclées et surtout connectées à un esprit de découverte ouvert pour être apprécié dans toute sa splendeur.

Mêlant habilement atonalité et « freetude » explosives avec architecture rythmique souvent emballante et lignes mélodiques distinctes, Homebound ne fait pas de compromis, mais saura récompenser au centuple ceux et celles qui oseront s’y plonger!

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