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Laura Anglade : tout avoir et bien s’en servir

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Frédéric Cardin

Elle a quelque chose de Julie London, de Helen Merrill, de Blossom Dearie et de Cyrille Aimée, dit-on. Laura Anglade, jeune chanteuse française élevée au Connecticut et ayant fait de Montréal son nid jazz, fait paraître I’ve Got Just About Everything, sous étiquette Justin Time. Du jazz classique, comme les références précédemment nommées l’indiquent, et surtout impeccable sur le plan de la musicalité, du ton et de la réalisation.

Elle est née à Brousse-le-Château, pittoresque village du sud de la France ne comptant même pas 200 habitants. Elle a ensuite grandi au Connecticut, avant de ressentir le besoin de retrouver un contact avec l’univers francophone. Montréal était parfaite, avec sa scène jazz de haute volée en plus d’être si près du marché américain.

I’ve Got Just About Everything est un premier album qui réalise presque une prophétie : celle d’un enseignant marquant de Laura, rencontré au lycée (école secondaire) au Connecticut. Il lui a fait découvrir le jazz avec, comme étincelle, cette chanson de Bob Dorough. En blague, mais peut-être pas tant que ça, il lui disait : « Je te vois dans l’avenir, sortir ton premier album avec ce titre! »

Et voilà qui est fait!

Laura Anglade s'entretient avec Stanley Péan
Laura Anglade s'entretient avec Stanley Péan

Émission : Quand le jazz est là

Diffusion : juin 2019

Animation : Stanley Péan

Audio

Dire que Laura Anglade a un talent naturel est un euphémisme. Elle n’a pas étudié le jazz (seulement le piano classique), mais elle a manifestement un instinct d’interprète inné. Son swing tout léger pourrait laisser craindre qu’elle soit de ce type d’artistes qui se proclament « jazz », mais qui font de la pop calculée teintée de quelques notes bleues.

En l’écoutant au moins deux minutes, on devine rapidement qu’elle a beaucoup plus à offrir que cela. Aisance dans les lignes mélodiques, impeccable justesse tonale, compréhension sincère de l’ensemble d’une chanson, lui permettant d’improviser en rehaussant l’émotion véhiculée par le texte, et pas, comme tant d’autres, mécaniquement, comme s’il ne s’agissait que de notes à placer entre deux phrases.

Elle avoue être fortement inspirée par Nancy Wilson, Anita O’Day et Carmen McRae. On ne peut nier cette filiation. Classique, très classique même, mais avouez que la comparaison n’a rien de gênant.

Laura Anglade a surtout su s’entourer de musiciens de qualité. Il faut dire que la scène montréalaise n’en manque pas! Cela dit, pour qu’un musicien comme le guitariste Sam Kirmayer soit un régulier de son entourage, lui qui peut jour avec n’importe qui, c’est dire le respect que la jeune chanteuse a su imposer en très peu de temps.

Le titre de l’album se traduit par « J’ai pas mal tout ce que je veux ». C’est pas mal ça! Talent, charme, culture, jeunesse.

Masashi Usui au saxophone, Jonathan Chapman à la basse et Valérie Lacombe, batterie, complètent un quintette épatant, fait uniquement de petites jeunesses au talent fou, à l’image de Montréal.

À écouter également :

La webradio Jazz vocal