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Offenbach, le Mozart français? Oh que oui, comme le prouve Jodie Devos!

L'écoute se termine dans 5 jours

Par
Frédéric Cardin

La soprano belge Jodie Devos, une étoile montante de la scène lyrique, vient de sortir un album consacré à la musique de Jacques Offenbach, Offenbach colorature. La lauréate du 2e prix au Concours musical international Reine Élisabeth de Belgique en chant en 2014 aligne ainsi parfaitement sa personnalité pétillante avec une musique à l’avenant, pleine de vie et d’optimisme. Un album essentiel au moral comme une éclaircie par temps gris.

Quel délice que ce festin d’airs plus mémorables les uns que les autres! Il y a l’Offenbach des grands chefs-d’œuvre reconnus comme Orphée aux enfers, Les contes d’Hoffman ou même La vie parisienne. Il y a aussi l’Offenbach plus modeste, celui des pièces légères dont on s’arrachait les places dans les petits théâtres de boulevard, celles-là mêmes que les maîtres penseurs de la « Grande Musique » ont si longtemps regardées avec condescendance, quand ce n’est pas carrément du snobisme ou même du mépris.

On découvre ainsi de très chouettes petits feux d’artifice extraits de pièces pittoresques telles Le roi carotte, Fantasio, Un mari à la porte, Les bavards, Le voyage dans la Lune et plusieurs autres qui sont tout aussi ravissantes et pimpantes de virtuosité! D’où le titre « colorature » accolé à Offenbach dans le titre.

On se couche moins niaiseux ce soir :

En chant lyrique, le terme colorature (de « colorer ») est associé à la capacité d’ornementer efficacement et avec virtuosité des lignes musicales. Les sopranos au timbre aigu sont les plus sollicitées à cet effet (comme Jodie Devos). Mais il est important de savoir que n’importe quelle voix peut être « colorature » : du baryton à la mezzo en passant par la basse et le ténor!

Cela dit, tout n’est pas que pyrotechnie factice sur Offenbach colorature, non, non! Au contraire, la beauté de cet album est de nous démontrer qu’Offenbach n’était pas un scribouilleur de facilités spectaculaires. Il avait une plume mélodique infaillible, oui, et une facilité à rendre l’orchestre allègre comme un colibri, mais il savait être subtil et raffiné, ce qui rend sa « prose » musicale si irrésistible, facile d’accès et satisfaisante à la fois (à condition de laisser ses préjugés sur le pas de la porte en entrant dans son univers).

Cela fait des lunes que les connaisseurs le disaient : Offenbach était reconnu comme le Mozart français à son époque. Un mélange savant de légèreté et de profondeur, une technique d’écriture impeccable, un instinct phénoménal pour le beau geste, la belle ligne et le petit supplément d’âme qui élève le produit final un bon cran au-dessus de la banalité de son époque.

Mais on avait oublié toutes ces nuances à son propos. On les redécouvre aujourd’hui (200e anniversaire de sa naissance aidant pas mal…), et dans le sillon de cette renaissance, toute une génération de jeunes artistes épatants se réapproprie cette musique avec une énergie nouvelle et communicatrice, comme c’est le cas ici.

Jodie Devos est supérieurement convaincante. La voix est agile comme un oiseau, le timbre est pur, admirablement centré, et la diction est excellente. Parce que, voyez-vous, dans ce genre de répertoire, qui est plus près du théâtre que du grand opéra à la Puccini ou Wagner, l’élocution fait 50 % du travail pour nous attraper et nous garder intéressés. L'Orchestre de la Radio de Munich dirigé par Laurent Campellone est au diapason avec la soprano.

Du bonheur pur!

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