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Tony Bennett, à 90 ans, est encore le meilleur!

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Frédéric Cardin

Quatre-vingt-dix ans, toutes ses dents et pas mal toute sa voix aussi! Tony Bennett, celui que Frank Sinatra qualifiait de meilleur de la profession, atteint le seuil vénérable d’une neuvième décennie complétée, et ce, dans le respect du monde entier. Le monde musical, à grand renfort de Lady Gaga, de Billy Joel, de Stevie Wonder, de Rufus Wainwright, de Diana Krall et de bien d’autres, a célébré en grande à New York en novembre dernier. L’album Tony Bennett Celebrates 90 est la gravure qui en témoigne.

Tony Bennett Celebrates 90 est un party raisonnable dans la belle tradition des hommages à la fois cool et touchants, bien sentis, mais pas trop larmoyants. Tout cela à la mesure du célébré, un homme sensible, mais qui n’est jamais tombé dans la sensiblerie facile. Un artiste qui sait laisser transparaître ses émotions en les habillant d’une sage discrétion. La grande classe, quoi!

On retrouve sur cet album une Lady Gaga de plus en plus à l’aise dans le répertoire de la grande chanson américaine (The Great American Songbook, les standards du jazz), et même pas si mal en français dans La vie en rose, un Stevie Wonder impressionnant de retenue dans Visions, un Michael Bublé égal à lui-même dans The Good Life, une k.d. lang aussi sincère qu’à son habitude dans A Kiss to Build a Dream On, un Billy Joel (New York State of Mind) plutôt en forme sauf pour sa dernière note, pour laquelle, heureusement, le nonagénaire Bennett vient apporter son soutien, et plusieurs autres surprises. On regrettera par contre des vibratos de plus en plus expansifs d’Andrea Bocelli (Ave Maria).

On aime la fragilité qu’apporte Rufus Wainwright dans I Can’t Give You Anything but Love, mais lui aussi semble avoir de plus en plus de tremblote dans la voix. On se demande ce que ce sera dans 10 ans. Aura-t-il la même superbe que le jubilé à 90 ans lui aussi? La question se pose. Bennett apparaît dans quelques pièces seulement, mais oh là là, qu’il fait pâlir les autres! Tony demeure un maître absolu.

Si ce n’était de l’inévitable échéance qui menace chaque être humain sans exception, on pourrait se réjouir de savoir qu’il a probablement raison, le Tony, quand il chante The Best Is yet to Come!