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Interstices de Nicolas Villeneuve : espaces de beauté et de lumière

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Par
Frédéric Cardin

Le jeune pianiste Nicolas Villeneuve vient de sortir un premier album, Interstices, où il s’inspire de l’univers littéraire et musical sud-américain sans avoir recours aux tics et aux recettes habituelles du jazz latin.

Pour Interstices, Nicolas Villeneuve a signé sept des huit pièces (une est du batteur William Javier Machado). Sa musique est d’abord mélodique; son habileté et son intérêt pour la belle ligne sont évidents dans son écriture aérée, imprégnée d’une douce luminosité et d’un optimisme ambiant qui fait du bien aux oreilles.

Villeneuve a été appuyé par un mentor de haut calibre : Yves Léveillée. On reconnaît l’économie expressive de Léveillée, sa focalisation sur la qualité du son, sa sobriété aussi. On est loin des feux d’artifice de notes d’un autre style de jazz.

Mais Villeneuve affirme aussi sa propre personnalité dans sa musique. Ses phrases ont une qualité « écrite » et linéaire qui se rapproche de la musique classique, et on sent sa faculté à raconter des histoires.

Villeneuve, au piano, reçoit un soutien solide et raffiné de ses partenaires : Machado à la batterie, Jules Payette aux saxophones, Sylvaine Arnaud à la contrebasse et Eugénie Jobin au chant.

C’est d’ailleurs cette dernière qui vole un peu la vedette tellement sa voix est belle et tellement les jolies lignes mélodiques écrites par Villeneuve (et Machado pour Reunion de los espiritos de los parques) semblent avant tout conçues pour son instrument bien équilibré, très juste et empreint de tendresse et d’une touchante fragilité.

Les différentes pièces d’Interstices sont inspirées de textes d’auteurs latino-américains tels Borges et Garcia Marquez. Mais vous ne devinerez probablement jamais la nature latine de ces inspirations en écoutant uniquement la musique. L’album n’a strictement rien à voir avec le genre de rythmes ou de couleurs à la Tito Puente, ou encore de la néosalsa ou du post-Buena Vista Social Club.

Je n’ai absolument rien contre ces genres, au contraire. Mais Interstices va complètement ailleurs, et c’est bien ainsi. C’est surtout superbe et séduisant. Il y a même quelque chose d’apaisant dans le mariage des mélodies, charmantes, de la voix azurée d’Eugénie Jobin et de l’accompagnement confiant et serein de tous les membres de ce très beau quintette.

Bravo.

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