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Les remarquables sillonnés : Monique Michaud, le plaisir d’une musicienne et l’amour d’une mère

Par
Nathan LeLièvre

C’est l’heure d’une nouvelle intronisation au temple des Remarquables sillonnés d’ICI Musique. À l’occasion de la fête des Mères, ICI Musique vous propose de découvrir la musique et l’histoire de la maman d’un de nos collègues, Jean-Sébastien Girard (qui vous proposera une nouvelle émission cet été, voir l'encadré ci-dessous!), Monique Michaud, dont l’album, Pourquoi es-tu parti? est paru en 1986.

Jean-Sébastien Girard vous propose JS Tendresse, tous les dimanches à 14 h, à partir du 23 juin, un rendez-vous estival foisonnant des musiques qui l’ont habité des années 70 aux années 2000 et qui font encore aujourd’hui son bonheur. On risque d'ailleurs d'y entendre quelques unes des chansons qui figurent sur l'album de sa maman!

Quand le plaisir mène à la victoire

Monique Michaud n’a pas hésité un instant à nous rencontrer pour nous raconter comment l’album a vu le jour et pour se remémorer son parcours de musicienne. L’unique album dans la discographie de Monique Michaud est le résultat d’un concours qui se déroulait à Laval et qui était de la même trempe, à l’époque, que le Festival international de la chanson de Granby. Elle se souvient que toutes étapes confondues, le processus s’était étalé sur environ un an. Elle s’est sortie de chacune des éliminations pour remporter le prix avec la chanson Merci. Elle s’était inscrite parmi les auteurs-compositeurs-interprètes : « On était moins; j’avais plus de chances de gagner. » La récompense : un voyage en Floride et l’enregistrement d’un album.

Aujourd’hui, quand elle réécoute l’album, constitué pour la plupart de ses compositions, Monique Michaud, une joviale retraitée, estime que le produit final est « un p’tit peu quétaine ». On le constate à l’écoute des arrangements, qui ont moins bien survécu à l’épreuve du temps que leur énergique interprète. Mais il reste qu’à l’écoute de Pourquoi es-tu parti?, ce qu’on retient, c’est le plaisir contagieux de Monique. C’était d’ailleurs son moteur principal. « C’est plein de bonne humeur », dit-elle. Les mélodies sont simples; les textes aussi. Elle y traite du réveil matinal, de son père et du métier d’artiste, entre autres. Elle fait aussi l’éloge de son fils (Jean-Sébastien – il ne le nie pas – avait demandé ni plus ni moins qu’une preuve d’amour en chanson à sa mère! On voit bien que sa personnalité s’est développée jeune...) qui, aujourd’hui, a fait de sa mère une personnalité publique.

Après sa victoire au concours à Laval, Monique Michaud est surtout demeurée interprète. Elle a fait le tour du Québec avec un spectacle rendant hommage à Charles Aznavour qui lui a même valu une rencontre avec le grand de la chanson française. Elle se souvient même du coup de fil d’Aznavour; elle avait d’abord cru à un canular amical.

La musique, un outil professionnel

Si Monique Michaud a été pendant cinq ans l’élève de Lucille Dumont – au même moment que Marie-Denise Pelletier, précise-t-elle avec fierté –, elle aurait souhaité consacrer davantage de temps d’étude à la musique, n’en déplaise à sa mère. « Tu vas faire une traînée! » lui aurait dit celle-ci lorsque Monique avait évoqué la possibilité d’étudier la musique. Elle lui en veut d’ailleurs un peu de l’avoir plutôt poussée à étudier en pédagogie, même si c’était surtout par pragmatisme. Heureusement, à ses débuts, son employeur, une commission scolaire, lui a permis de prendre quelques années pour explorer la carrière de chanteuse. Au bout de cinq ans, par contre, la veuve monoparentale qu’elle était a dû faire un choix, qu’elle regrette quelque peu. Mais aujourd’hui, elle est « contente de l’avoir, [son] fonds de pension »!

Monique Michaud a tout de même connu une longue carrière en enseignement dont elle est fière. Elle a terminé son parcours en deuxième année du primaire à Montréal-Nord, où elle a la ferme conviction d’avoir pu faire une différence dans la vie de certains enfants. Pour elle, « un enfant, c’est tellement innocent ». Il y en avait dans sa classe « qui manquaient d’amour. Mais au moins, dans ma classe, ils vont être bien », se disait-elle. De plus, l’enseignante qu’elle a été a fait appel à la musique au cours de sa carrière, notamment en organisant régulièrement des spectacles avec ses élèves, ce qui faisait même des envieux dans les autres classes, paraîtrait-il. Elle se souvient aussi d’un jeune en difficulté dont elle a réussi à obtenir la collaboration en lui faisant remarquer, un jour, ses talents de danseur (il dansait sur du rap dans la cour d’école); la musique lui avait servi de prétexte pour l’aider.

Monique Michaud, aimante avant tout

Cette tendresse et cette bienveillance semblent être chez Monique un fil conducteur. Dès les premiers instants d’une rencontre, elle se montre affable. Quand elle parle de ses anciens élèves, on la sent attendrie. Et quand on lui demande de nous raconter l’histoire derrière Mon fils, même si elle le fait à la blague, c’est avec amour et fierté qu’elle le fait. « Une chance que Jean-Sébastien me trimballe partout. [...] C’est ce que j’ai de plus précieux dans la vie. Ce n’était pas un enfant tannant, même s’il parlait beaucoup. Je ne sais pas de qui il retient. [...] Quand je faisais de la musique, Jean-Sébastien, c’était le fils de Monique. Aujourd’hui, je suis la mère de Jean-Sébastien. » Puis, elle ajoute : « Dans le fond, l’important, c’est que les enfants soient heureux. Le reste, ce n’est pas important. »