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Cory Weeds : la grande tradition du standard

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Frédéric Cardin

Le saxophoniste britanno-colombien Cory Weeds maîtrise parfaitement bien ses standards. Imaginez un peu lorsqu’il demande à une légende du piano de se joindre à son groupe pour en interpréter quelques-uns qu’il a contribué à créer! C’est ce qui arrive avec l’album Live at Frankie’s, sur lequel Weeds et ses amis reçoivent Harold Mabern.

Prenez note : le jazz de Cory Weeds n’a rien de novateur. Mais c’est un jazz désormais classique tellement bien rendu qu’on en demeure fasciné et souriant de plaisir, se rappelant que cette musique ne se fait plus comme ça depuis les années 1960.

Tout nous ramène aux années glorieuses des albums Blue Note : les standards choisis, l’interprétation, et même le design visuel de la pochette.

Tapez du pied et hochez de la tête (sourire aux lèvres) pour vivre l’expérience par procuration d’une grande époque du jazz.

Je vous parlais de Mabern, une légende du piano qui possède toujours la vivacité et le sens de la construction de sa jeunesse. Weeds lui offre un beau cadeau en choisissant deux standards exceptionnels : Bluesanova, de Lee Morgan, et Consequence, de Jackie McLean, que Mabern a créés avec les compositeurs eux-mêmes à l’époque de leur sortie.

Le reste du programme est de la même trempe, impeccablement stylé, avec des interventions solistes superbement équilibrées entre l’individualité et la construction de l’ensemble expressif. Les phrases ciselées de Weeds s’appuient constamment sur la pulsation infaillible mais bien coussinée de Michael Glynn à la contrebasse et Julian MacDonough à la batterie. Terrell Stafford nous plonge dans l’univers de Lee Morgan, un peu Freddie Hubbard aussi.

Et Harold Mabern! Ah, cette compréhension instinctive (et aussi solidement appuyée sur une longue expérience!) du discours proposé et des repères essentiels du swing et du bop qu’il possède, sans donner l’impression de se répéter ou, encore mieux, d’en avoir marre, tout ça, c’est du bonheur.

Je vous l’ai dit : Cory Weeds Live at Frankie’s n’a rien d’innovateur. Mais c’est une sacrée option vous si avez envie d’avoir une idée comment aurait pu sonner un album Blue Note des années 1960 s’il avait été enregistré en Colombie-Britannique.

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