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Wabôzsipi, de Robert Seven Crows : remonter vers la source

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François Lemay

Quel parcours que celui du chanteur-conteur métis Robert Seven Crows. Né à Lachine, Robert passe sa jeunesse entre sa ville natale et la Gaspésie, où il retrouve ses racines micmaques et acadiennes. Très jeune, il découvre les plaisirs et la puissance de l'harmonie alors qu'il chante dans la chorale des Frères Maristes. Plus tard, reçu comme élève privé de Frank Mella, ancien arrangeur du légendaire pianiste jazz Stan Kenton, il étudie la composition.

C’est après une rencontre sur un plateau de télévision où il est chef d’orchestre que l’arrangeur, réalisateur et compositeur Carl Bastien décide de pousser Seven Crows à enregistrer un premier album en français, lui qui a principalement travaillé en anglais et dans la langue de ses ancêtres. Intitulé Wabôzsipi (l’appellation anishnabe de la rivière La Lièvre, située près de Mont-Laurier, où habite Seven Crows), cet album est résolument teinté, et c’est tant mieux, de culture autochtone autant dans le texte que dans la forme.

Ne soyons donc pas surpris, à l’écoute de sa musique, d’y trouver un judicieux mélange de certaines musiques traditionnelles des Premières Nations, de folk et de blues. Seven Crows, lui, appelle ça du swamp folk, inspiré de cette appellation utilisée normalement pour décrire les musiques jouées dans le sud de la Louisiane.

Au cours de sa longue carrière, Seven Crows s’est intéressé au conte traditionnel en plus d’œuvrer à titre de personne ressource traditionnelle auprès des hommes autochtones incarcérés au Québec. De plus, son art lui a permis de voyager à travers le monde, l’emmenant dans plusieurs festivals de contes et de musique, entre autres, en Angleterre, aux États-Unis, en Afrique, en Nouvelle-Calédonie et en Australie.

C’est donc toute cette richesse humaine qui se retrouve sur Wabôzsipi, un album qu’on écoute comme on regarde la rivière couler. Un album qui porte bien son titre qui fait référence à la rivière, celle qui, d’apparence calme, laisse à peine présager tous les remous qu’elle cache.

À découvrir.