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« Les remarquables sillonnés » : Diane Tell et le Bug Alley Band réunis sur un même vinyle

L'écoute se termine dans 19 jours

Par
Nathan LeLièvre

Qu’ont en commun Karen Young et Diane Tell? Peut-être plus que vous ne le croiriez à première vue. Certes, ce sont deux grandes figures de la musique canadienne, mais au-delà de leur talent, la rubrique « Les remarquables sillonnés » (ces trésors musicaux sur vinyle présents presque exclusivement dans la musicothèque de Radio-Canada) nous permet de découvrir qu’elles ont déjà été réunies sur un même disque, dans un concept qui est en quelque sorte l'ancêtre des EP. Cet opus, produit par Radio-Canada International en janvier 1978, regroupe six chansons du Bug Alley Band (dont Karen Young était la voix féminine) et cinq de Diane Tell.

Ces magnifiques enregistrements nous ramènent aux débuts de la carrière de ces deux grandes musiciennes et nous permettent de comprendre pourquoi elles durent depuis si longtemps. On remercie notre musicothécaire, Robert Hamel de nous avoir mis la puce à l’oreille quant à l’existence de ce bijou.

La genèse du Bug Alley Band

Au téléphone, Karen Young a du sourire plein la voix lorsqu’elle se remémore les années du Bug Alley Band. Elle se souvient d’un festival en plein air à Morin-Heights en 1975, où elle a rencontré Mike Pinsonneault. Elle y était avec son frère et son conjoint pour jouer du folk (à l’époque de son succès Garden of Ursh), mais déjà, elle se savait amoureuse des harmonies vocales jazz (elle s’exerçait déjà en écoutant Lambert, Hendricks & Ross). C’est Mike Pisonneault qui leur a proposé de déménager à Montréal et de former un groupe. Karen et son mari ont donc décidé de quitter Hudson. Le guitariste Steve Cole est venu compléter le groupe. C’est ainsi qu’est né le Bug Alley Band, dont le nom est inspiré du cri « Bug Alley! », qu’on lançait dans les speakeasys pour annoncer l’imminence d’un raid policier.

Pour cet enregistrement, c’est le réalisateur Mark Goldman qui leur avait tendu une perche. À l’époque, ils s’étaient surtout dit qu’ils joueraient dans les clubs, à l’instar du Stephen Barry Blues Band. L’invitation du réalisateur était donc inattendue et inespérée, mais très certainement la bienvenue : « Je suis très reconnaissante envers Mark Goldman pour tout ce qu’il a fait pour moi, alors que je sortais de ma campagne ». Karen Young se souvient du studio dans un sous-sol du centre-ville de Montréal et des images qui tapissaient les murs : « Il y avait une photo qui montrait ce à quoi ressemblerait la future Maison de Radio-Canada. On y voyait des femmes en minijupes et des escaliers roulants. J’avais eu envie de piquer l’image tellement elle était belle et futuriste », dit-elle en rigolant. Elle se souvient aussi d’avoir croisé Diane Tell en studio, puisque c’est elle qui figure sur l’autre face du vinyle.

Un enregistrement catalyseur

À l’écoute des pièces, on comprend le culte que vouaient les musiciens à Lambert, Hendricks & Ross. L’arrangement de Shorty George est essentiellement une copie conforme de ce que faisait ce groupe, selon ce qu’affirme Karen Young. Sur les six pièces, on a droit à des harmonies complètes et complexes, semblables à celles de Manhattan Transfer, quatuor de jazz vocal américain également très en vogue à la même période (et dont le Bug Alley Band n’avait même pas entendu parler à l’époque de sa formation!). N’eût été cet enregistrement, Karen Young reconnaît qu’il n’y aurait probablement pas eu du second, lancé en 1980 et sur lequel Liz Tansey a également joint sa voix au groupe.

Le Bug Alley Band s’est séparé après quatre ou cinq ans d’activité, mais avant de rompre, il répétait souvent dans le salon de Karen. Le groupe aura donné à Karen, qui se décrit comme étant timide de nature, l’élan nécessaire pour poursuivre une carrière en tant qu’interprète, ce qui lui aura valu des nominations pour des Félix et des Junos, en plus d’avoir semé le germe musical chez la génération suivante : « Ma fille Coral [Egan] dormait à la maison pendant les répétitions. C’est là qu’elle a appris à chanter du jazz et c’est probablement pourquoi c’était merveilleux dès la première fois qu’elle a ouvert la bouche pour en chanter », se souvient Karen.

Diane Tell et le jazz, intimement liés

Diane Tell, quant à elle, n’en était pas tout à fait à son premier enregistrement. Elle venait tout juste de produire son premier album solo. Pour ne pas reprendre les mêmes chansons que sur cet album, Diane a choisi d’enregistrer quelques chansons en anglais et une en français pour cette production de Radio-Canada International; son répertoire d’une cinquantaine de chansons comptait des œuvres dans les deux langues à cette époque, alors qu’elle sortait tout juste de sa formation en jazz. Cela dit, c’est l’une des rares fois où Diane Tell a chanté en anglais.

L’enregistrement s’était fait assez rapidement, presque comme une prestation en direct. Sur celui-ci, on entend une Diane Tell fraîche et éclatante, qui n’a pas encore 20 ans. Ce qui nous saute aux yeux (ou aux oreilles, plutôt), c’est que la nature l’a choyée en lui donnant une voix dont la jeunesse est éternelle. Elle n’a pas perdu le moindre rayon de lumière ni aucun soupçon de douceur. Prenez le temps de comparer ce vinyle avec son récent passage à Tellement Courteau, où elle a interprété son succès Gilberto et vous ne pourrez qu’être d’accord.

On associe d’emblée Diane Tell à la chanson plutôt qu’au jazz. Et pourtant! « Si on écoute tout mon catalogue depuis le début... », fait-elle remarquer : l’univers de Gilberto est clairement bossa et le contexte harmonique de Si j’étais un homme est plutôt jazz. Y a-t-il plus franchement jazz que Les trottoirs du boulevard Saint-Laurent? Sans oublier l’album Dr Boris et M. Vian.

En voici une preuve de plus : une prestation d'elle à l'émission Vedettes en direct diffusée à Radio-Canada en 1979.

Diane Tell chante Entre nous

Amoureuse de mélanges et d’harmonies

Ultimement, Diane Tell nous rappelle qu’elle aime mélanger les genres : « Je choisis les personnes avec qui je travaille. Les musiciens avec qui je travaille, je les aime beaucoup. » Et si elle les choisit, c’est donc pour que les univers s’entrecroisent très volontairement.

Si son prochain album, à paraître en septembre, s’annonce moins jazz sur le plan des sonorités, l’esprit improvisateur et acrobatique du jazz y sera assurément présent. Diane Tell s’est entourée notamment de Fred Fortin, de François Lafontaine, d’Olivier Langevin, de Joe Grass et de Samuel Joly. Elle s’éloigne donc du son qui s’apparente au Great American Songbook, mais Diane Tell assure qu’elle s’en inspirera toujours d’une façon quelconque : « Ça fait partie de ma vie. J’aime bien l’harmonie. »

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