Chargement en cours

avec   ·   par
avec   ·   par
En chargement...
Erreur de chargement.

Khatia Buniatishvili : la pianiste qui murmure Schubert à nos oreilles

L'écoute est terminée

Par
Frédéric Cardin

La pianiste franco-géorgienne Khatia Buniatishvili (prononcez lentement chaque syllabe, c’est moins difficile qu’il n’y paraît), super vedette charismatique de la jeune génération classique, vient de faire paraître un album tout Schubert. Sa technique époustouflante et sa puissance sonore impressionnante ne nous laissaient pas penser à ce genre de répertoire pour la jeune dame. Et pourtant, elle réussit à nous subjuguer totalement avec son approche d’une délicatesse inouïe.

C’est un choix à première vue contre-intuitif pour celle qui a démontré depuis son arrivée sur la scène internationale une affinité certaine avec les compositeurs et la musique des grands élans et des émotions débordantes. Rachmaninov, Moussorgski, Liszt et, dans une moindre mesure, Chopin. L’œuvre de Schubert ne réclame pas ce type de virtuosité éclatante ni la création d’une masse sonore imposante. Elle est faite de petits gestes, de touches subtiles, sublimes aussi, qui servent à exprimer avant tout des sensations à la limite du frémissement, puissantes dans leur enracinement et leur pénétration spirituelle, mais très délicates en termes de projection physique du son.

Khatia Buniatishvili (que certains ont appelée « le marteau » du piano, en référence à sa capacité de cogner le clavier et d’en extraire des sonorités monumentales, mais toujours belles cela dit) s’est ici effacée, du moins ses aptitudes physiques, derrière l’essence intimiste de Schubert.

Elle prend Schubert à un rythme très posé, lent sans alanguissement. C’est presque comme si elle nous murmurait les notes à l’oreille. Elle prend tout son temps, et c’est d’une tendresse infinie. Nous sommes paisiblement magnétisés par l’univers épuré qu’elle crée avec ces partitions.

Et tout cela ne part pas d’une lubie. La pianiste s’appuie sur une démarche intellectuellement probante, une démarche qu’elle qualifie elle-même de féministe. Elle évoque, dans le livret, la « féminité qui chante » dans la musique de Schubert. Pour elle, cette féminité, c’est ce que l’on entend sur l’album et qui a rarement été proposé par les autres pianistes. C’est exceptionnel.

Khatia Buniatishvili

Elle est une super vedette dans les médias européens. Elle est surtout une formidable ambassadrice du piano classique, apparaissant plus souvent qu’à son tour sur les couvertures des magazines « pipeules ». Son look d’enfer ne nuit pas, bien entendu, mais autant les spécialistes que les profanes reconnaissent sa formidable musicalité. Le look n’est donc pas ici une simple diversion de marketing. C’est l’expression d’un tout, d’une personnalité brillante, éveillée, confiante et libre. Celle d’une femme moderne quoi.

Je vous dirais bien de vous procurer des billets pour son concert du lundi 15 avril à la salle Bourgie du Musée des Beaux-Arts de Montréal, mais c’est complet! Il faudra qu’elle revienne!

Vous aimerez également :

La webradio Piano

Vous souhaitez être informé de tout ce qui touche la musique classique sur ICI Musique et sur ICIMusique.ca?

Abonnez-vous à notre infolettre classique!