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Bastion, de Ponteix : le relief des prairies

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Olivier Robillard Laveaux

Peut-être est-ce dû à mes cours de géographie au secondaire, mais le mot « Saskatchewan » m’a toujours évoqué l’image d’un grand champ de blé ensoleillé sous le bleu d’un ciel infini. Dans cette image mentale relaxante, mais plutôt stéréotypée, il n’y a de place que pour le bruit du vent. Or, depuis son village natal de Saint-Denis, en Saskatchewan, la tête pensante de Ponteix, Mario Lepage, redéfinit cette vision avec Bastion, le premier album du groupe. En plein milieu de la prairie, Lepage vient d’ériger un mur du son.

Tour de force! Sur son premier disque Bastion, Ponteix arrive à maintenir un équilibre brillant entre l’envie de nous en foutre plein la gueule et celle de produire un rock atmosphérique capable de finesse et de subtilité. La recherche de textures sonores de guitares ou de claviers est exemplaire. La capacité de jouer avec les rythmiques et les structures des chansons garde l’auditeur en haleine. Le rock planant de Ponteix évoque autant celui de Karkwa, de Radiohead ou de Patrick Watson, mais Mario Lepage le fait à sa manière.

Cette identité, Ponteix la trouve dans sa façon de jouer avec les sons (effets sonores, voix trafiquées, vitesses d’enregistrement ralenties ou accélérées), mais aussi dans son aptitude mélodique omniprésente.

Enregistré avec l’aide de Louis-Jean Cormier et d’Anique Granger à titre de coauteurs et mentors ainsi que de Fred Levac du groupe Pandaléon à la coréalisation, Bastion est le fruit d’un travail d'orfèvre. « L’album a été écrit en majorité dans mon village natal, Saint-Denis », explique Mario Lepage, auteur-compositeur et multiinstrumentiste.

« Ce petit village francophone au centre de la Saskatchewan est un endroit calme et isolé, loin du rythme agité de la vie de tous les jours, poursuit-il. Un endroit crucial pour moi, surtout après de longues périodes en tournée où souvent, c’est le chaos qui prend le dessus, Saint-Denis m’a permis de me poser et de reprendre mes esprits. Je passais la plupart de mes journées à la maison, seul à expérimenter mes idées dans mon salon avec mes instruments et la liberté de créer quand je voulais. »

Une profondeur émane de toutes les pièces de l’album, dont La fourche, qui aborde les routes différentes que l’on peut emprunter, et Alamo, une chanson sur la dualité linguistique face à l’assimilation culturelle, mais aussi teintée d’une confiance en soi face à la solitude.

« J’accorde en partie le crédit du nom de l’album Bastion à ma petite communauté. C’est ce village qui lui a donné son identité; je n’ai jamais eu de lien aussi profond avec un endroit, c’est ce village qui a fondamentalement aidé à faire naître Bastion  », ajoute Mario Lepage.

L’écoute de l’album nous donne carrément le goût d’aller visiter Saint-Denis. Peut-être cet été.

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Cette liste d'écoute aléatoire et gratuite a été préparée avec soin par notre équipe.