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Galliano, Fresu et Lundgren dans Mare nostrum III : conclusion parfaite d’une remarquable trinité

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Frédéric Cardin

Le trompettiste Paolo Fresu, l’accordéoniste Richard Galliano et le pianiste Jan Lundgren nous proposent le troisième opus de ce qui est maintenant une série incontournable, celle des Mare nostrum. Il s’agit d’une plongée dans la beauté enveloppante et enchanteresse d’une « mer nocturne » aux couleurs d’un jazz essentiellement paisible et intimiste.

Avez-vous déjà eu l’impression d’être doucement déposé sur un lit de nuages moelleux? Nous pouvons probablement tous répondre oui à cette question, en nous remémorant ces instants de prime jeunesse où nous rêvassions, le regard tourné vers le ciel et de gros cumulus dodus. Si c’était possible, nous écouterions, ce faisant, l’album Mare nostrum III, de Fresu, Galliano et Lundgren!

Les deux premiers albums de la série étaient d’une beauté envoûtante. Celui-ci l’est au moins autant, mais il est, de plus, bonifié par l’expérience commune des trois musiciens (parmi les meilleurs, individuellement, de leur génération), qui s’entendent sans se parler, se coordonnent sans se regarder et s’unissent sans perdre une once de leur personnalité.

Rendu là, il faut simplement commencer à inventer de nouveaux mots pour décrire la somptuosité des sonorités, l’intelligence des inventions mélodiques et le raffinement des improvisations.

Le programme compte 15 pièces, soit 4 compositions et 1 standard pour chacun des 3 musiciens. La presque totalité de ces choix est interprétée comme étant des ballades zen. Il y a bien une ou deux pièces plus gaillardes, puisqu’il faut bien se dégourdir un peu, même sur des nuages coussinés, mais ce sont des exceptions.

Fresu est Italien, Galliano est Français et Lundgren est Suédois. Le premier Mare nostrum a été enregistré en Italie, le deuxième, en France, et celui-ci, en Suède. Chaque album est divisé en compositions et en choix musicaux équitables de chaque membre de ce triumvirat jazz presque sacré.

Doit-on conclure que la série se terminera ici? Trois est un nombre parfait, qui évoque la complétude d’un cycle ou un mouvement rotatoire qui, tel le cercle, semble pouvoir aller de lui-même à l’infini. Nul besoin d’en rajouter.

Mais si c’est la fin, nous serons tous immensément tristes, car nous voudrions que ça ne s’arrête jamais tellement ce cercle est parfait et idéal.

En effet, s’ils succombaient à l’envie de poursuivre sur cette route, ces musiciens ne risqueraient-ils pas de briser la magie de cette équation équilibrée, non seulement dans leurs albums individuels, mais dans leur entièreté conceptuelle? Et puis, nous en viendrions peut-être à trouver la démarche boiteuse. Non, il ne faudrait surtout pas. Ce serait un blasphème contre cette magnifique trinité.

Il faudra trouver un autre fil conducteur, ça oui, car des collaborations entre ces trois musiciens, il nous en faut encore et encore, sans compter! Surtout, ils ne doivent rien tenter qui ternirait un tant soit peu la perfection admirable de tout le cycle Mare nostrum, qui se termine probablement ici dans une plus qu’inspirante et exemplaire conclusion.

À écouter également :

La webradio Apéro