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Musiques celtique et classique : un bal à Dublin

L'écoute se termine dans 2 jours

Par
Frédéric Cardin

Des recueils d’airs populaires très anciens, de la fin du 18e siècle, prennent vie grâce à The Dubhlinn Gardens, un album à mi-chemin entre la musique traditionnelle celtique et la musique classique. Ce sont le ténor Reinoud van Mechelen, la flûtiste baroque Anna Besson et l’ensemble A Nocte Temporis qui nous offrent cette plongée historique surprenante.

Il n’y a pas à douter de la nature de la musique qu’on entend sur The Dubhlinn Gardens : c’est de la musique celtique. Mais de la musique celtique élégante, habillée pour un bal ou une soirée mondaine, plutôt que pour un pub débraillé.

Le caractère de la formation se rapproche d’une facture associée au répertoire baroque et classique, beaucoup plus que celle de groupes comme The Chieftains.

Cela dit, ça n’empêche pas le répertoire choisi de tâter du grivois codé (comme dans The Black Joke, Joke faisant référence à l’appareil génital féminin…) ou du sarcasme sociopolitique, avec quelques propos « tempérés » de l’ordre du soupir d’amour perdu.

Les recueils d’où proviennent les pièces de l’album ont été colligés à un moment de l’histoire irlandaise où l’on commençait à se rendre compte que la tradition séculaire de transmission des danses et chants traditionnels par voie orale risquait de mener à l’oubli total de cet héritage, avec la disparition graduelle des anciens bardes vieillissants, et l’absence de plus en plus marquée de relève.

Il s’agit donc d’un document de première importance pour l’interprétation de ce répertoire, car celle-ci provient de sources directes. Qui plus est, les collecteurs de l’époque avaient à cœur la préservation de ce patrimoine. On peut donc présumer de l’authenticité des notations et conseils d’interprétation. Il apparaît ainsi que la musique traditionnelle de l’époque ne s’éloignait pas beaucoup, stylistiquement, de la musique savante qui lui était contemporaine.

Haendel aurait même déclaré, après avoir entendu Aileen Aroon, qu’il aurait préféré être l’auteur de cet air plutôt que de tout ce qu’il avait composé jusqu’alors!

Anna Besson

À écouter également :

La webradio O’Irlande